interview de Nolwenn Yven de Pop Korn, l’agence de communication alternative


Une interview reprise du magazine hebdomadaire Brest-Ouvert des Vert-e-s du pays de Brest

Un magazine sous licence Creative Commons

Dans des domaines aussi variés que les services aux personnes, l’environnement, le conseil, les coopératives de production ou le commerce équitable, l’économie sociale et solidaire est un secteur en plein développement particulièrement en Bretagne.

Les initiatives de ce secteur sont non seulement créatrices d’emploi mais aussi productrices de citoyenneté, de lien social, de solidarité, avec le souci de l’épanouissement des salariés d’une part et de l’utilité sociale et environnementale d’autre part.

Cette interview de Nolwenn Yven, contribue à une série de points de vue qui mettent en valeur l’Economie sociale et solidaire au pays de Brest e ses acteur-ice-s

Ces interviews et de nombreuses informations sont référencés sur le wiki, espace d’écriture collaborative DD-Brest.net

- BO : Peux-tu présenter en quelques mots Pop Korn ?

Pop-korn, http://www.pop-korn.com/ est une agence de communication alternative. L’agence propose une gamme de produits étendue : conseil en stratégie, création et réalisation de supports (web, print, vidéo…), accompagnement et suivi de projets .

L’agence se différencie cependant clairement des autres : elle invente le concept de la communication alternative et équitable, ceci non pas par stratégie marketing mais par réelles convictions.

Nous sommes en effet partis du constat suivant : la communication professionnelle est accessible à de grosses structures aux moyens financiers importants. Pour les petites structures, se développer, diffuser ses idées et toucher un large public reste plus difficile.

L’idée est donc de ne plus accéder à une campagne uniquement parce que l’on a de l’argent, mais aussi parce que l’on a des compétences, du savoir-faire et du talent.

Nous avons donc mis en place un système de fonctionnement complètement novateur et inédit en créant une monnaie d’échange solidaire les « crédits pop » et le label de la communication alternative et équitable.

- BO : Comment en es-tu venue à créer une agence de communication ?

Après quelques expériences, notamment en agences, je ne me sentais pas en adéquation avec les pratiques professionnelles du milieu : manque de sens, une production orientée uniquement vers la recherche du profit financier, un manque de relation humaine...

Lorsque mon associé Cédric Bescond m’a contacté pour me parler de son projet, j’ai tout de suite été séduite par l’aspect innovant du projet.

Créer une agence de communication de ce genre nous permettait de concilier la passion pour notre métier et des pratiques en cohérence avec nos valeurs.

La création d’une entreprise différente est alors devenue une belle aventure porteuse de sens.

- BO : Pourquoi ce choix pour une société de prestation de communication de s’ancrer dans l’économie sociale et solidaire ?

L’économie sociale et solidaire représente à nos yeux le plus sûr moyen de transformation de la société, parce qu’elle s’inscrit dans la production de richesses à plusieurs niveaux : humain, financier, structurel, solidaire, durable.

Le choix des statuts de SCOP ( société coopérative de production) ainsi que toutes les actions que nous avons menés depuis participent à la même logique. Étant une entreprise, nous voulons assumer pleinement notre responsabilité en tant qu’acteur du territoire.

S’engager pour l’ESS en participant à sa promotion et son développement nous est donc apparu naturellement.

- BO : Quelles actions de soutien ou de partenariat avec d’autres acteurs avez-vous pu mener ?

En un an d’activité, nous avons apporté notre participation à plusieurs niveaux, que ce soit vis-à-vis de nos clients ou d’actions périphériques à notre activité.

Par exemple, en plus du crédit Pop, nous essayons d’apporter notre savoir faire ou tout simplement un petit coup de pouce. Pour des actions associatives ou manifestations, il nous arrive de conseiller les bénévoles ou de les aider à réaliser leur support de communication.

- BO : Qu’est-ce qui pourrait aider le développement du secteur de l’Economie sociale et solidaire au pays de Brest ?

Il existe une dynamique très forte de l’ESS dans le pays de brest. Un grand nombre de projets existent déjà et la plupart du temps ils se développent avec succès !

Ce qu’il manque aujourd’hui c’est une visibilité de ces actions aussi riches qu’hétéroclites. L’implantation de l’antenne de la CRES sur Brest est, à mon sens un élément déterminant dans le développement de ce secteur. Cette structure permet aux acteurs de s’identifier et de se retrouver autour de projets communs et de construire une véritable stratégie de développement.

Un des projets qui a d’ailleurs émergé de ces rencontres est celui du pôle de l’ESS. Un projet ambitieux, cohérent et qui apporterait au secteur de l’ESS du Pays de Brest souffle sans précédent.

- BO : Qu’attends-tu des collectivités locales ?

Les collectivités locales du territoire ont, de mon point de vue, une action forte qui a déjà permis l’émergence de beaucoup de projets remarquables sur Brest et ses environs.

La continuité de l’action des collectivités dans ce sens me semble être le meilleur choix. Je pense qu’il faut rester dans une logique forte de dynamique de projets tout en favorisant l’émergence du pôle.

Enfin, je crois qu’il serait intéressant d’avoir des élus référents à l’ESS afin d’en faire une meilleure promotion et d’appuyer cette autre manière de faire de l’économie.

Les autres interviews
- interview de Yannik Bigouin, délégué finistérien de la CRES
- interview de Jean-Pierre Kerléo, ancien responsable du secteur de l’insertion économique à la communauté urbaine de Brest
Posté le dimanche 28 septembre 2008
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