" Villes en transition " : la révolution écologique, pacifique et optimiste est en marche !


" Notre tâche centrale de survie pour les décennies à venir, en tant qu’individus et en tant que

des espèces, doit être de faire une transition vers l’utilisation de combustibles fossiles -

et pour ce faire que pacifiquement, de manière équitable, et aussi intelligemment que possible "

Richard Heinberg

Le mouvement

« Villes en Transition »

provient du terme anglais :

« Transition Town network ». Il est né

d’une prise

de conscience du pic pétrolier et du dérèglement climatique, de

leurs

profondes conséquences, et de l’urgence à agir localement.

Il

a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l’université de Kinsale (Irlande),

mais c’est

en Grande-Bretagne,

en septembre 2006, qu’il a été mis en œuvre la première fois

dans la petite ville de Totnes.

Après avoir essaimé en Grande-Bretagne et en Irlande, le concept de transition town a fait des émules aux Etats Unis, en Nouvelle-Zélande, au Japon et au Chili. Des projets sont en gestation en France et en Italie. En Belgique aussi, Il y a aujourd’hui plus de 250 initiatives de Transition dans une quinzaine de pays

(anglo-saxons pour la plupart)

réunies dans le réseau de Transition (Transition Network).

En France, Bordeaux, Grenoble

Saint Quentin-en-Yvelynes, Salies-de-Béarn,

Sucy-en-Brie, Trièves s’inscrivent dans la démarche,

plusieurs centaines d’autres s’apprêtent à le faire...

Qu’est ce qu’une

ville en transition ?

L’idée centrale des villes en transition, la résilience, est directement inspirée des écosystèmes naturels. En effet, ces derniers ont la propriété d’être stables, diversifiés, de consommer un minimum d’énergie, d’être autonomes (cycles fermés) et de ne pas produire de pollution (grâce à la forte interconnexion de ses éléments : les déchets d’un système sont utilisés par d’autres systèmes).

La spécificité des villes en transition réside dans le fait qu’elles émanent de la population et non

des autorités.

Le concept a plutôt pour ambition d’assurer un rôle d’inspirateur, de facilitateur ou de coordinateur, et de fournir un « toit » commun à l’action des uns et des autres qui reconnaît les réalisations portées par d’autres (associations, Agenda 21, entreprises etc.)

et s’articule

complètement

avec les

mesures

prises au niveau national ou international. C’est un

cadre de travail cohérent,

incitatif.

L’originalité

réside aussi dans le fait

que les crises sont vues comme des opportunités de changer radicalement la société actuelle.

La vision se veut optimiste. Même la question des

moyens

nécessaires est vécue

sur un autre plan :

l’ancien maire, l’architecte Jaime Lerner

de

la

ville en Transition de Curitiba (« capitale écologique du pays » du Brésil)- 1 800 000h -

ne déclare-t-il pas :

« Le manque de revenus dont souffre notre municipalité n’est pas un handicap, bien au contraire, c’est un avantage ! Prenez le budget d’une ville et supprimez un zéro, commence alors l’ingéniosité ; coupez encore un zéro et naît la créativité. » 

Elle est aussi dans le fait que la

démarche concerne la « communauté » [1] dans son ensemble car c’est bien cette dernière qui doit porter le changement.

La "ville en transition" avant tout une

démarche citoyenne...

Cette démarche consiste à aider les citoyens à définir ensemble leur avenir et les solutions qu’ils souhaitent mettre en place. La première étape consiste à établir une vision commune, la seconde

vise

à s’engager dans un profond processus de changement. Chaque collectivité locale est invitée

à trouver

par elle-même les solutions qui lui conviennent en fonction de ses ressources et de ses enjeux. Il n’y a pas de réponse toute faite.

La ville en transition fédère les énergies, elle s’appuie sur les réalisations déjà en cours sur le territoire, encourage et soutient les nouveaux projets. Elle permet à chaque citoyen de s’engager dans le processus, à son niveau, selon ses souhaits et ses possibilités. Peu importent les différences en termes de profils, d’âges et de compétences : le mouvement accorde une grande importance à la relation, à la discussion, à l’enrichissement mutuel.

ancrée dans un territoire...

Il s’agit d’inciter les citoyens d’un territoire (village, commune, ville ou quartier d’une ville) à de s’y préparer en mettant en place des solutions visant à :

  • réduire ses émissions de CO2 et sa consommation d’énergie d’origine fossile selon le Plan d’action de descente énergétique créé par la collectivité et fondé sur une vision positive de son avenir ;

Pourquoi agir localement ?

  • parce que l’économie devra inévitablement se relocaliser en grande partie ;
  • parce que c’est le niveau auquel les citoyens peuvent inventer des solutions bien adaptées à leur réalité et passer à l’action ;
  • parce que c’est souvent près de nous que se trouvent les gens, les ressources et les solidarités pour agir.

Mode d’emploi, une méthode

Le processus de transition doit

respecter une série d’étapes clairement définies. Pour commencer, un groupe temporaire de pilotage se crée et jette les fondations de la démarche. Il lui appartient également de lancer un programme de sensibilisation aux deux problématiques imposant l’action : le pic pétrolier et les changements climatiques.

Lorsque la « communauté » apparaît suffisamment sensibilisée (ce qui prend de six mois à un an) et que des contacts avec des groupes déjà actifs (essentiellement des associations environnementales et sociales) ont été noués, les pilotes organisent une grande fête.

La dynamique et l’énergie libérées lors de cet événement permettent au mouvement de s’agrandir, puis de se structurer autour de groupes de travail axés sur la mobilité, l’énergie, l’enseignement, l’alimentation, le logement… Chacun de ces groupes désigne un représentant, ces délégués formant le nouveau groupe de pilotage en charge de suivre l’évolution du processus.

Arrivé à maturité, le travail sur les thématiques est collectivisé et débouche

sur la rédaction d’un Plan d’action de descente énergétique (PADE) qui porte sur le moyen terme (15 à 20 ans), mais prévoit les échéances intermédiaires à respecter pour atteindre l’objectif final. Ce n’est qu’au terme de ce processus d’élaboration que la communauté entre véritablement dans la phase de transition, laquelle sera évolutive en fonction des retours d’application du PADE (difficultés non prévues, changements du contexte politique, économique ou social, etc.).

Les douze principaux ingrédients du modèle de transition

1. Mettre en place un groupe de pilotage et la conception de sa disparition / transformation depuis le début

Cette étape met une équipe de base en place pour avancer le projet pendant les phases initiales.

2. Début de sensibilisation

Cette étape permettra d’identifier les

principaux alliés, de

construire des réseaux essentiels et de préparer la communauté en général pour le lancement de votre projet de transition.(articles dans les journaux locaux,

entrevues à la radio locale,

présentations à des groupes existants, y compris les écoles,etc...)

3. Poser les fondations

Il s’agit de donner un aperçu concis et accessible du pic pétrolier : ce que cela signifie, comment

cela se rapporte au changement climatique, comment cela pourrait affecter la communauté en question, et les principaux défis qu’il présente.

Puis il sera nécessaire

d’élaborer collectivement

la manière dont un processus de transition pourrait être en mesure d’agir comme un catalyseur pour amener la communauté à explorer différentes solutions

4. Organiser un « Grand Libérer »

Cette étape crée un jalon mémorable à l’occasion du projet de transition. Il construit une dynamique et célèbre le désir de

la collectivité à prendre des mesures dans un esprit de

« nous pouvons faire quelque chose »

plutôt que de pessimisme.

Le déclenchement officiel de la ville de « Totnes transition » a eu lieu en Septembre 2006, précédé d’environ 10 mois de pourparlers, projections de films et d’événements.

5.

Utiliser le génie collectif

Une grande partie du processus d’élaboration d’un plan d’action énergétique

est puisé dans le génie collectif de la communauté. Il importe pour cela

d’inciter un certain nombre de petits groupes

à

se concentrer sur des aspects spécifiques du processus. Chacun de ces groupes

est invité à développer ses propres méthodes de travail et ses activités propres, mais seront toutes regroupées sous l’égide du projet dans son ensemble.

6. Utilisez Open Space

Utiliser Open Space Technology

une approche très efficace pour les réunions en cours d’exécution pour les initiatives de transition.

7. Développer des manifestations visibles

concrètes du projet

Il y a un équilibre difficile à atteindre au cours de ces premières étapes. Vous devez démontrer des progrès visibles, sans se lancer dans des projets qui finalement n’ont pas leur place sur le plan énergétique

8. Faciliter la requalification des

personnes âgées

Pour

répondre au pic pétrolier et au

changement climatique et aller

vers un avenir énergétique plus faible et de relocalisation de nos communautés,

il est important d’avoir recours

à

beaucoup de compétences que nos grands-parents ont acquises. L’une des choses les plus utiles qu’un projet de « transition Ville » peut faire, c’est d’inverser la déqualification

des personnes âgées.

9. Construire un pont avec

l’administration locale

Il ne sera

pas

possible de

progresser

très

loin,

si

des

relations positives et productives n’ont pas été cultivées

avec les autorités locales.

10. Utiliser

le passé pour construire l’avenir

Il

y a beaucoup à apprendre de la façon dont les choses ont été faites lors

des années du pétrole roi et abondant. Si l’on prend le meilleur de ce qui va vers

l’avant, le mélanger avec le meilleur de ce que nous avons maintenant et dans l’avenir,

se créeront les meilleures chances de se retrouver avec un avenir

souhaitable.

11. « Laissez-le aller où il veut aller ... »

L’objectif n’est pas

de concevoir

toutes les réponses, mais d’agir comme un catalyseur pour la communauté de concevoir sa propre transition.

12. Créer un plan d’action énergétique

Lorsque tous les groupes thématiques clés ont construit

leur expertise, ils reviennent ensemble pour contribuer à engager la communauté dans

une

vision de

la façon

d’agir que cette communauté pourrait

mettre en oeuvre dans 15 ou 20 ans.


Exemples d’actions concrètes

Ces projets peuvent concerner des sujets aussi différents que les transports, l’éducation, la santé, l’énergie où l’alimentation.

Ils

peuvent être

mis en place par les différents groupes de travail, en association avec

différents partenaires (associations,etc...)

Économie

L’action qui a eu le plus grand retentissement pour la transition de Totnes est la création d’une monnaie locale,

le « Totnes Pound ». L’utilisation d’une telle monnaie a pour but de relocaliser les échanges économiques, et d’éviter la fuite de la richesse.

Elle s’accompagne d’une incitation à réfléchir aux dépenses et à en parler, élément important dans une démarche de sevrage des habitudes de (sur)consommation. De nombreuses monnaies locales existent, ainsi 66 systèmes de monnaie locale existent ou sont en projet en Allemagne et en Angleterre. Il existe en Suisse, le système du WIMdepuis 1930 (1700 millions d’euros d’échanges en 2007) et les Berkshares dans le Vermont (USA) depuis 2006 (1 millions de billets en circulation). En France,

un système existe : le Sol (pour solidaire).

Des monnaies locales « fictives » existent également dans les systèmes d’échange local (SEL).

Alimentation

développement de

potagers ruraux ou urbains, inviduels ou collectifs (jardins familiaux, jardins communautaires),

plantation d’arbres

, ou

partage de graines,

augmenter les savoirs, les pratiques et l’auto-production.

Concernant les circuits d’alimentation, les projets visent à relocaliser la production et à raccourcir les circuits de distribution. C’est le cas avec la création de marchés de producteurs, d’AMAP ou de coopératives d’achat, agriculture biologique ou biodynamique.

A Totnes toujours, « garden share scheme », programme de partage des jardins privés, a été mis sur pied. Toute personne possédant un terrain inutilisé est invitée à conclure un contrat avec des planteurs-jardiniers pour qu’ils cultivent cet espace. Objectif : développer la production de fruits et légumes sur le territoire.

Transports

Multiplier les circuits courts pour favoriser l’activité locale et limiter la consommation de pétrole liée aux transports. (AMAP, filière bois énergie ...), amplifier les relocalisations économiques.

Se déplacer autrement : covoiturage et même autopartage (partage d’une voiture pour plusieurs personnes), transports en commun, transformation de routes en vélo-routes.

A Tornes,

des pousse-pousse indiens ont été adaptés et équipés de moteurs utilisant un carburant produit à partir d’huile de cuisine recyclée localement.

Déchets

Recycler et échanger :

développer le compostage (éventuellement collectif) pour utiliser ses déchets verts et produire localement engrais naturel et pesticides biologiques (par exemple le purin d’ortie), favoriser la réutilisation (emmaus,

recycleries, brocantes, braderies, puces, dons).

L’avenir

des villes en transition

Difficile de

prévoir

leur avenir,

on constate que les villes en transition sont de plus en plus nombreuses, plusieurs centaines attendent leur « labellisation ».

En France, les

exemples sont encore très rares mais des initiatives se prennent, la plus « ancienne »

celle de Trièves (Alpes) - 7000h,

où un groupe de citoyen-nes est constitué depuis le 25 septembre 2008, a déjà donné des résultats prometteurs si l’on

recense les réalisations

et les projets portés localement :

  •  

une forte présence de l’agriculture biologique (environ 20 % des expoitations)

  •  

de nombreux producteurs locaux et des ventes en circuits courts relativement développées

  •  

un circuit court dédié aux céréales (Céréales du Trièves)

  •  

un réseau de producteurs et consommateurs bio (le Biau Panier)

  •  

un écoquartier à Miribel-Lanchâtre

  •  

une trentaine de maison écologiques et d’autres en projet

  •  

une plate-forme de fabrication de bois déchiqueté pour le chauffage (Syndicat

d’Aménagement du Trièves)

  •  

un projet de chauffage collectif à plaquettes à Mens (collège et maison de retraite)

  •  

un projet de relance de la filière bois

  •  

un projet de centre de formation professionnelle à l’écoconstruction

  •  

un réseau d’artisans du bâtiments engagés dans l’écoconstruction (Pour Bâtir Autrement)

  •  

la mise en place de compostages de quartier et individuels (Trièves Compostage)

  •  

la présence du centre écologique et des éditions Terre vivant

  •  

le premier Agenda 21 rural reconnu en France (Syndicat d’Aménagement du Trièves)

  •  

la création d’un site de co-voiturage

(Syndicat d’Aménagement du Trièves)

  •  

la relance en cours de l’exploitation du chanvre (SCIC Avenir Chanvre)

  •  

des jardins

collectifs bio et solidaires (les Pouces Vertes)

  •  

un système d’échanges locaux (SEL)

  •  

un lieu de débats et de démocratie participative (Vivre en Trièves)

  •  

un projet d’autopartage

  •  

une ligne SNCF en pleine expansion

  •  

un projet de relance et de sauvegarde des vignes (Vignerons du Trièves)

  •  

un projet écotouristique (office de tourisme)

Les autres villes françaises

déclarées : Bordeaux :

Grenoble St Quentin en Yveline,Sucy en Brie,

Mayenne n’en sont qu’aux toutes

premières réunions

en ce début

2010.


Villes en transition

dans le monde

  •  

La ville brésilienne de Curitiba n’a pas un sou. Mais elle a des idées vertes. Elle est devenue un modèle autour du globe grâce à son gigantesque réseau de transports en commun, ses bibliothèques, ses hôpitaux gratuits, son ramassage sélectif des déchets… L’ancien maire, l’architecte Jaime Lerner, nous livre ses recettes un article de Terra economica : http://www.terra-economica.info/Jai...

  • Genève adopte un plan pour aller vers une société à 2000 watts sans nucléaire : Plan directeur de l’énergie

2005-2009, dont l’objectif est de ramener la consommation d’énergie d’électricité par habitant au niveau de 1990. voir le programme du plan,

[http://etat.geneve.ch/dt/site/protection-environnement/energie/master-home.jsp site du service cantonal de l’énergie]


Grande Bretagne

L’exemple de Totnes http://www.mondequibouge.be/index.p..., là où tout a commencé en 2005-2006 : favoriser l’économie locale et le commerce local par :

- la création d’une "livre" (monnaie)

de Totnes

- 

l’utilisation de terrain inutilisé par des agriculteurs de fruits et légumes

- etc


Belgique

En Belgique c’est retour à la nature qui est préconisé : la permaculture.

C’est :

- Prendre soin de la Terre

- Prendre soin des Hommes

- Créer l’abondance et redistribuer les surplus


France

  •  

Grenoble

 : http://grenobleentransition.ning.com/

  •  

St Quentin en Yveline , le comité de pilotage s’est réuni pour la 1ère fois le 3 avril 2010

 : http://sqyentransition.wordpress.com/

  • Mayenne

http://villesentransition.net/trans... réunion de lancement de Mayenne en transition le ’’5 avril 2010’’]

  • Pyrénées Atlantiques,

Billère, Gan et Salies-de-Béarn  : L’association environnementale salisienne APQV

a ouvert le débat le 5 mars,

à Salies de Béarn ; http://mneaquitaine.wordpress.com/2... et http://transitionnetworknews.wordpr...


L’adresse originale de cet article est http://www.brest-ouvert.net/article...

[1au sens anglo-saxon

Posté le mercredi 12 mai 2010