Une mesure de la qualité de vie


Peut-onmesurer la qualité de la vie ?De nombreuses dimensions entrent en compte qui ne se limitent pas aux aspects purement matériels ou monétaires. Le concept de « qualité de vie » est plus large que le niveau de vie ou que les conditions de viematérielles, il prend également en compte les conditions de travail, le degré d’insertion sociale, la santé et l’éducation, si les personnes sont particulièrement exposées économiquement (au chômage par exemple) ou physiquement, etc. Cet article propose une première mesure de la « qualité de vie ».
Une mesure de la qualité de vie

Un article réalisé à partir de la publication "Une mesure de la qualité de vie" de Valérie Albouy, Pascal Godefroy, Stéfan Lollivier, Insee.

Qu’est-ce qui fait le bien-être ? La question peut sembler naïve, et la poser à des économistes
peut paraître surprenant. Pourtant de nombreuses voix insistent sur la nécessité de faire des
analyses, y compris chiffrées, sur ce sujet a priori très personnel. « France, portrait social »
avait déjà abordé cette question en consacrant un dossier à la question de savoir qui se déclarait
heureux [Afsa C. Marcus V., 2008]. On y apprenait qu’au cours de la vie, le sentiment de
bien-être commençait par décliner entre 25 et 40 ans environ, pour amorcer ensuite une nette
remontée conduisant à son apogée au cours de la soixantaine. Cette « courbe du bonheur » ne
se superposait pas avec la courbe d’évolution des revenus moyens : il pouvait y avoir un
décalage entre les ressources financières, c’est-à-dire les « moyens » dont disposent les
personnes, et leurs « résultats » en matière de bien-être.

Cette étude concernait le bien-être ressenti, c’est-à-dire la satisfaction générale des personnes
sur leur vie à un moment donné. Ce bien-être ressenti est généralement mesuré en demandant
aux personnes interrogées de choisir un niveau de satisfaction. En l’occurrence, dans
l’étude sur le bonheur, la question posée était : « Dans l’ensemble, êtes-vous très satisfait, plutôt
satisfait, pas très satisfait ou pas du tout satisfait de la vie que vous menez ? ». D’autres questions
sont parfois posées, notamment dans des enquêtes couvrant plusieurs pays.

Pour mesurer le bien-être, une autre approche consiste à mesurer la qualité de vie d’une
personne, c’est-à-dire évaluer sa situation dans plusieurs dimensions (d’un point de vue
matériel, enmatière de santé, de conditions de logement, d’insécurité, etc.) puis en déduire si
elle est en position d’avoir une qualité de vie « satisfaisante ». Pour la distinguer de l’analyse
précédente, on qualifie parfois cette méthode d’approche « objective » de la mesure du
bien-être, car elle est fondée sur des critères précis et mesurables. Les facteurs pris en compte
ne se limitent pas aux aspects purement matériels (ou monétaires). Le concept de « qualité de
vie » est donc plus large que le niveau de vie ou que les conditions matérielles d’existence qui
sont utilisées pour mesurer la pauvreté en condition de vie
(voir l’article intitulé « La pauvreté
en conditions de vie a touché plus d’une personne sur cinq entre 2004 et 2007 » dans cet
ouvrage). Pour mesurer cette dernière, l’Insee s’appuie sur une liste de questions portant sur
les contraintes budgétaires, les retards de paiements, les restrictions de consommation et les
difficultés de logement éventuels des personnes. Quand on s’intéresse à la qualité de vie, on
cherche en plus à mesurer la situation des personnes en matière de conditions de travail,
d’accès aux loisirs, leur degré d’insertion sociale, s’ils sont particulièrement exposés économiquement
(par exemple à une baisse brutale de revenus) ou physiquement, etc.

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France, portrait social - édition 2010
Posté le mercredi 19 octobre 2011
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