Un livre blanc pour l’entrepreneurait social

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Le livre blanc

Élaboré par le CODES (Collectif pour le Développement de l’Entrepreneuriat Social), regroupant une vingtaine d’acteurs reconnus de l’entrepreneuriat (entrepreneurs sociaux, institutionnels, financeurs) créé en 2006, et par l’Avise, ce livre propose un programme ambitieux pour développer l’entrepreneuriat social (nouvelles alliances, nouveaux outils, nouvelles propositions).

Point de départ d’une dynamique collective, il a été présenté officiellement au salon des entrepreneurs le 4 février.

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Une initiative du Codès, Collectif pour développer l’entrepreneuriat social

Un texte repris de la présenatation en ligne

Le Codès est un groupe de réflexion, créé au printemps 2006, qui rassemble intuitu personae une vingtaine de personnes, acteurs reconnus du développement de l’entrepreneuriat social : entrepreneurs sociaux, accompagnateurs, institutionnels, financeurs...

Convaincus du rôle essentiel des entrepreneurs sociaux et de leurs entreprises pour le développement économique des territoires, la création d’emplois, la cohésion sociale et la protection de l’environnement, les membres du Codès souhaitent réfléchir et agir ensemble pour en augmenter significativement le nombre et l’impact. Plus d’infos sur www.avise.org/codes

Les travaux du Codès ont d’abord été consacrés à l’élaboration d’une vision partagée de l’entrepreneuriat social et de ses enjeux (cf. « Note du Codès n°1 »), publication, largement diffusée, qui a suscité de nombreux retours positifs et contribué à renforcer l’entrepreneuriat social en France.

Fort de cette culture commune, le Codès a enclenché fin 2007 une seconde phase, plus opérationnelle, sur le thème du « changement d’échelle ». Les résultats de ces travaux ont posé les bases de cette opération.

Introduction

L ’introduction du rapport reprise du texte en ligne

Les entreprises sociales une même ambition projet entrepreneurial l’Homme. Elles combinent projet économique avec sociale et/ou une participative. Pour elles, de bénéfices ne constitue en soi mais un moyen leur projet sociétal.

Osons maintenant

L’entrepreneuriatsocial contribue à changer le monde. S’il est aujourd’hui encore à la marge, nous voulons agir pour le rendre central.

L’entrepreneuriat social trace un chemin humaniste pour faire face aux défis sociaux et écologiques du XXI è siècle, que ni l’État, ni le marché ne savent résoudre seuls.Mais pour que sa charrue file droit et ne manque pa sde force pour labourer ce sillon, il faut l’arrimer aux bonnes étoiles.

Celle de l’engagement, pour un monde meilleur, pour une économie saine et durable, pour que chacun puisse vivre dignement de son travail et satisfaire ses besoins essentiels (santé, éducation, logement, alimentation, énergie, culture…).

Celle de la résistance, contre les exclusions et les pauvretés sous toutes leurs formes, contre l’extension illimitée du domaine de la marchandise, contre les dérives du capitalisme financier et le productivisme qui mènent notre planète à sa perte.

Si les entrepreneurs sociaux ont la tête dans ce ciel étoilé, ils ont bien en revanche les pieds sur terre.Pleinement dans l’économie de marché, ils sont acteurs de la réconciliation entre pouvoirs publics,milieux économiques et société civile.Gestionnaires de tensions, ils savent surmonter les contradictions inhérentes aux projets complexes réunissant les dimensions économique, sociale et écologique.

“Il n’est point de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va”, disait Sénèque. Justement, les entrepreneurs sociaux rassemblent car ils savent où ils vont. Ils proposent une voie émancipatrice et non destructrice, une voie d’espoir et de combat, non de haine et de résignation. Ils font vivre des utopies concrètes, combinant esprit d’entreprise et volonté de changer le monde, convictions fortes et ouverture à l’Autre, réussite individuelle et intérêt collectif, capacité de révolte et ancrage dans le réel.

Par leur faculté à montrer qu’au fond, le souhaitable est vraiment possible, les entrepreneurs sociaux dessinent les contours d’une économie responsable, pleinement et réellement au service des hommes et de la planète.

Mais des défis de taille restent à relever pour développer l’entrepreneuriat social et donner corps à ce projet de société.

Ainsi, sa notoriété a progressé mais cet engouement ne se concrétise pas encore par une augmentation significative de création et développement d’entreprises sociales. Ainsi, les initiatives et dispositifs se multiplient mais ce mouvement n’est pas encore reconnu à sa juste valeur, par les milieux économiques, les pouvoirs publics, la société civile et même par l’économie sociale et solidaire.

Ainsi, la fibre entrepreneuriale progresse dans le monde associatif mais les modèles économiques de nombreuses entreprises associatives sont à renforcer et à pérenniser, car fragiles ou en mutation.

Et surtout, les problèmes sociaux et écologiques persistent, s’aggravent et se transforment.

Pour relever ces défis et permettre un véritable “changement d’échelle”, nous voulons impulser, partager et articuler un projet fort et une action forte. Un projet fort, ambitieux et offensif : nous ne nous contenterons pas d’évolutions périphériques, mais souhaitons un changement de braquet, une véritable rupture.

Une action forte dont nous décrivons les grandes lignes dans ce livre blanc. Nous mettons ainsi en débat un véritable plan d’actions que nous vous invitons à enrichir, à critiquer et…à saisir pour agir à l’échelle des territoires,de la France,de l’Europe et même du monde, l’entrepreneuriat social étant un mouvement véritablement international. Pour joindre l’acte à la parole, nous nous engageons sur 15 premières initiatives (cf.pages 11 à 16) dont nous rendrons compte de l’avancée dans un an.

Ce livre blanc est fait par les entrepreneurs sociaux pour les entrepreneurs sociaux, mais il est aussi destiné aux décideurs économiques, politiques et institutionnels, et plus largement à ceux qui souhaitent développer cette autre manière d’entreprendre.

Nous souhaitons creuser ce sillon de l’entrepreneuriat social sans pour autant qu’il devienne une tranchée, derrière laquelle nous échafauderions une nouvelle “chapelle”.

Pour nous, le véritable enjeu n’est pas de choisir un camp (économie sociale,économie solidaire, entreprises “classiques”…) et de le défendre bec et ongles contre “les autres”. Il est de prendre à bras le corps les grands défis sociaux et écologiques du XXI è siècle.

Il est d’arriver à répondre aux besoins de ce nombre croissant de citoyens à la recherche de sens et de pratiques différentes, plus humanistes. Il est d’apporter une réponse, notre réponse, à la conjonction de crises actuelles (financière, économique, sociale, voire morale), qui va demander aux entrepreneurs sociaux d’être toujours plus innovants et toujours plus combattifs.

Cette réponse ne pourra être pertinente que si les entrepreneurs sociaux parviennent à concrétiser le plein potentiel de cet entreprendre autrement. Que s’ils s’associent, avec tous ceux qui le souhaiteront, pour provoquer ce changement d’échelle : jamais la demande d’entrepreneuriat social n’a été aussi forte. Travaillons donc tous ensemble à développer l’offre qui y correspond en rendant ces alternatives plus visibles,plus nombreuses et plus fortes !

Osons,maintenant,développer l’entrepreneuria tsocial !

Nous vous donnons rendez-vous en février 2010, pour le premier Forum national des entrepreneurs sociaux, et sur toute l’année 2009, pour plusieurs forums et rencontres régionales d’entrepreneurs sociaux.

Une formidable énergie est à l’oeuvre dans nos territoires, dans l’économie sociale et solidaire, les milieux économiques, les pouvoirs publics, la société civile, chez toutes celles et ceux,majoritaires, qui croient dans l’entreprise mais ne se satisfont plus d’une économie qui perd son sens, refuse la pluralité et ne pense qu’à la rentabilité maximale. Puisse cette publication contribuer à la renforcer.

Posté le lundi 16 février 2009
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