L’insertion par l’activité économique : Les Jardins de Cocagne.

Un Jardin pas comme les autres...

Échange, entre aide, tolérance, multi-culturel, respect, solidarité, diversité... Nous sommes aux Jardins de Lucie.


A 25 Km de Lyon, la commune de Communay accueille un jardin un peu particulier. Parce qu’il y à 9 ans, Muriel Verdone et Khadija Rayass ont décidé d’y croire, les Jardins de Lucie a pu voir le jour. A l’heure où le chômage se fait de plus en plus pressant, les financements publics de plus en plus rare, il semble d’autant plus important de mettre en lumière toutes ses initiatives qui font vivre nos territoires. Aux Jardins de Lucie, on ne cultive pas que des légumes... On y cultive aussi la solidarité !

« Les Jardins de Lucie » est une association loi 1901 créée en 2000. Elle anime un chantier d’insertion par l’activité économique. Cette association travaille donc à l’insertion de personnes en grande difficulté économique, sociale ou culturelle ; son support pédagogique est le maraîchage biologique. Son équipe de permanents (7 personnes) accueille ainsi dix-huit salariés en insertion (contrat CEA / CAU) pour une période de 6 mois renouvelable 2 fois maximum (soit trente salariés à l’année). L’objectif de cette structure est de les accompagner pour les aider à s’insérer durablement sur le marché de l’emploi.

Aux Jardins, l’activité quotidienne et centrale est le maraîchage. Trois hectares six sont cultivés toute l’année. Les salariés en contrats d’insertion, à savoir les Jardiniers, travaillent 20h par semaine ; ce qui leur laisse du temps pour travailler sur leur projet professionnel. Ces personnes cumulant souvent plusieurs difficultés (familiale, logement, santé, niveau scolaire..), leur parcours d’insertion sociale et professionnelle est un long processus, en plusieurs étapes.
Deux fois par semaine, les jardiniers préparent des paniers pour les adhérents-consommateurs de l’association. Ces adhérents s’engagent en effet financièrement sur un an, et reçoivent en échange, une fois par semaine, un panier de légumes frais biologiques. Il existe deux tailles de paniers ; des parts et des demies-parts. Les paniers préparés le mardi sont livrés dans différents points de dépôts, dans des communes à proximité du Jardin. Par contre, les paniers qui sont préparés le vendredi ne sont pas livrés ; c’est au consommateur-adhérent de se déplacer au Jardin pour venir le chercher. C’est un moment d’échange et de convivialité.

Sans solidarité, les Jardins de Lucie n’existeraient pas. Les adhérents y tiennent une place très importante. Ils donnent des coups de mains de maraîchage, administratifs, d’animations... . Mais cette solidarité est également nourrie par les Jardins. Cette association est avant tout un lieu d’insertion pour les Jardiniers, mais contribue indirectement aussi à l’insertion des adhérents ; chacun peut y trouver sa place. Ainsi, par exemple, une fois par semaine, des bénévoles viennent au Jardin pour donner des cours de français aux jardiniers qui le souhaitent. Ce sont ces échanges qui nourrissent la vie du Jardin, et qui contribuent à l’insertion de tous. Cette association apporte une véritable dynamique économique et socio-culturelle à son territoire.

Les Jardins de Lucie œuvre donc pour le développement durable. Ce concept se décline en trois volets : un aspect sociale, un autre économique et enfin un environnemental.
En ce qui concerne le volet environnemental, la pratique d’un maraîchage biologique, la distribution de leurs légumes en circuit court, l’installation de panneaux solaires ou encore d’une cuve de récupération des eaux de pluie témoignent de la volonté d’agir pour l’environnement.
Leur management de la diversité est également preuve d’une politique sociale . Les salariés des Jardins de Lucie présentent en effet des profils et des origines variés, et leurs contrats de travail sont tout autant divers (CDI, CDD, Temps partiels choisis, Contrat Aidés). De plus, l’objectif du Jardin est d’aider à l’insertion durable des jardiniers sur le marché de l’emploi.
Enfin, d’un point de vue économique, cette association privilégie la coopération à la concurrence entre producteurs, recherche des partenariats et a mis en place des paniers solidaires.
Toutes ces pratiques attestent que les Jardins de Lucie favorise le développement durable et défend ces valeurs à travers son activité.

Cette présentation ne serait pas complète si on ne faisait pas état de l’adhésion des Jardins de Lucie au Réseau Cocagne. En effet, cette association est un Jardin de Cocagne, de part son activité et son adhésion à ce Réseau. Plus de 110 associations sont membres du Réseau Cocagne. Dans le Département du Rhône, on compte 5 Jardins de Cocagne, dont les Jardins de Lucie. Ce Réseau s’est fixé 4 objectifs : essaimer des Jardins de Cocagne, animer la dynamique de réseau, professionnaliser les équipes d’encadrement des Jardins, représenter et communiquer sur les Jardins.

Les Jardins de Lucie est donc une association créatrice de solidarité, attachée aux enjeux et dynamiques de son territoire, qui se bat pour un développement durable et respectueux de tous.

Une seule interrogation sur une telle structure ; son avenir. Les Jardins de Lucie vive en grande partie d’aides publiques. Or depuis une dizaine d’année, l’État se désengage financièrement de plus en plus de l’action sociale. Les chantier d’insertion vont-ils parvenir à s’adapter ? Quelle place notre société actuelle accorde-t-elle pour les citoyens en difficulté ?

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Posté le juillet 2009
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