Tendances de l’ESS, les 10 faits marquants de 2009


De l’intérêt suscité par l’ESS en temps de crise au lancement de dromeardeche-solidaires, nous vous proposons une rétrospective en 10 étapes, petites et grandes, sur les tendances 2009 qui recomposent l’ESS d’aujourd’hui.

Un article de Sylvain Bouchard / Scop la Péniche repris du site Rhônes, magazine de l’économie sociale et solidaire en Rhône Alpes

La crise s’accentue et l’ESS tarde à répondre présent

C’est incontestablement le point marquant de 2009. Avec la crise, l’ESS trouvait l’occasion de mettre en avant ses modes de faire. L’année 2009 marquera-t-elle un tournant pour l’ESS ? Nous étions nombreux à l’espérer et à nous interroger. Un an après, on ne peut pas dire que le secteur a pu saisir cette « chance » même si l’exposition médiatique a été plus forte (voir Les Scop ont les honneurs des médias ou Quand la télé s’intéresse à l’ESS). Reste que les changements de mentalités et de comportements prennent du temps et que les tentatives actuelles de moralisation de l’économie et de maîtrise de l’impact environnemental peuvent toujours conforter l’ESS. A suivre en 2010.


ESS et entrepreneuriat social, nouvelle ligne de fracture ?

Après économie sociale versus économie solidaire, un nouveau débat agite le landernau ESS entre les tenants de l’économie sociale et solidaire définie d’abord par ses statuts, et les promoteurs de l’entrepreunariat social, concept qui introduit la notion de lucrativité limitée et élargit le champ à des entreprises à comportement responsable. Rendu public en début d’année (100 entrepreneurs sociaux s’engagent autour d’un plan d’action), la mobilisation sur l’entrepreneuriat social n’est pas sans poser question. Risque de dilution, de perte de sens ou réelle recomposition ? Les échanges seront chauds en 2010.

Les collectivités locales prennent le relais

Le secteur associatif avait déjà tiré la sonnette fin 2008 (Un appel « Associations en dangers »), le désengagement de l’état est patent : il ne contribue plus qu’à 12 % du financement total du monde associatif. Les collectivités locales apportent, elles, 28 % et leur prise en charge des thématiques ESS est désormais avérée. Le développement du Réseau des territoires en ESS, la sortie du site www.essenregion.org, ou les prises de position de divers président de Région sont venus l’illustrer.

L’éducation populaire est morte ! Vive l’éduc pop !

La réduction drastique des moyens et du personnel de l’Injep, - bientôt rebaptisée Agence du service civique et de l’éducation populaire -, pouvait laisser croire que l’éducation populaire était un concept désuet. Il n’en est rien, la nouvelle éducation populaire est bien vivace. Les initiatives de terrain, le collectif dynamique I love educ pop ou encore le nombre de consultations du spectacle Incultures en témoignent.

Adieu la DIIESES, bientôt le grand emprunt ?

Le transfert de l’action de la délégation interministérielle à l’innovation, à l’expérimentation sociale et à l’économie sociale (DIEESES) sur le nouveau programme « Lutte contre la pauvreté : expérimentations » signe la fin d’une représentation des questions transversales de l’ESS au sein d’une instance gouvernementale dédiée. Dans le même temps, 100 millions d’euros du grand emprunt national pourraient être affectés à un fonds spécifique entrepreneuriat social et solidaire : quelle sera la véritable politique du gouvernement en matière d’ESS en 2010 ?

50 propositions en 2009 10 en 2010

Le Labo ESS lancé par Claude Alphandéry, président d’honneur de France Active vise à mobiliser les acteurs de l’économie sociale et solidaire autour de 50 propositions en faveur de l’ESS et à les installer dans le débat public. Ce processus participatif devrait déboucher sur 10 propositions fortes en 2010.

Les circuits-courts ont le vent en poupe

La création de Miramap (voir Le mouvement inter-régional des Amap est né) vient clôturer une année riche pour les circuits courts. Cette structuration nationale des Amap est aussi une réponse à l’explosion des propositions de paniers et autres relations directes consommateurs-producteurs au grand public. Cette réussite restera-t-elle dans le giron ESS ou l’avènement d’un consumérisme local plus responsable sera-t-il développé dans le privé ? Prémisses de réponse en 2010...


Les mouvements de fusion se poursuivent en 2009

Après la fusion entre les Caisses d’épargne et les Banques populaires, ce sont les mutuelles d’assurances Macif, Maif et Matmut qui ont annoncé un rapprochement de leurs activités, succédant ainsi à la concentration à l’œuvre dans le secteur des services à la personne. Dans l’insertion s’ébauchent également des rassemblements d’importance. Alors, course à une taille plus grande et le risque de banalisation ou bien mutualisation intelligente pour projets ESS ? A chaque cas, la réponse est différente mais pour tous se pose la question de la gouvernance et de la place des usagers/sociétaires dans ces grands ensembles.


L’ESS toujours pas sur la carte de l’Europe ?

Quelle Europe pour l’ESS ? Nous posions la question en préparation des élections européennes. Les prises de position des partis politiques en faveur de l’ESS se sont faits plus nombreuses et plus détaillées pendant la campagne. Effet de la crise ou réelle évolution ? Seule les orientations de l’Europe sur les dossiers sensibles des services sociaux d’intérêt généraux ou des statuts de la mutuelle ou de l’association européenne permettront de trancher.

Mise en ligne de dromeardeche-solidaires.org

C’est pour nous l’un des évènements de l’année, la mise en ligne de www.dromeardeche-solidaires.orgmarque pour nous à la fois la développement de la plateforme rhone-alpesolidaires.org et ses sites locaux (www.alpesolidaires.org, www.rhone-solidaires.org) et l’avènement sur le champ ESS des nouvelles tendances du web : participatif, local et plus en plus grand public. Rendez-vous en 2010 pour de nouveaux sites en Rhône-Alpes.

Et vous quel est votre top 10 ?

Posté le mercredi 23 décembre 2009
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