ShareVoisins : partager ustensiles, appareils et services dans son quartier


ShareVoisins est une plateforme web de mise en relations entre personnes du voisinage qui tour à tour peuvent proposer de prêter un objet utilitaire qui dort dans leurs placards ou d’offrir un service et en bénéficier. Comme son nom l’indique, il est à la fois question de partager (« share ») et de créer du lien social et de la convivialité au niveau ultralocal (« voisins »).


Partager plutôt que stocker

Qui n’a jamais eu besoin d’une perceuse, d’une ponceuse ou encore d’un siège auto pour enfant, objets certes utiles à un moment précis, mais qu’il serait superflu d’acquérir pour ne plus l’utiliser ensuite ? Et dans cette situation, qui ne s’est jamais dit que cet objet doit dormir, et probablement en plusieurs exemplaires, dans les caves et autres espaces de rangement de beaucoup de gens à proximité ? La plateforme Sharevoisins propose de mettre en contact ceux qui sont à la recherche d’un objet pour un usage occasionnel et ceux qui sont prêts à prêter gracieusement ces objets du quotidien plutôt que de les sous-utiliser. Et par la même occasion, de rencontrer ses voisins et, peut-être, de se découvrir des centres d’intérêts communs.

Un réseau numérique et des actions de terrain

Sébastien Falque, cofondateur de la structure, nous en explique le développement et les enjeux. Créée fin 2014, la plateforme regroupe aujourd’hui 35 000 voisins et 40 000 objets et services proposés. Les petits services d’entraide entre voisins sont venus s’ajouter aux annonces de prêts d’objets après une concertation en 2016, où ce besoin est clairement apparu dans le discours des « voisins ». Cette entraide sans contrepartie vient compléter d’autres systèmes de coups de mains ponctuels, tels que les Accorderies ou les SEL, dont l’offre locale repose moins sur les possibilités qu’offre le numérique. Sharevoisins a aujourd’hui l’ambition de construire des partenariats avec de telles structures locales : celles-ci bénéficieraient d’une meilleure visibilité, d’un réseau plus dense de contributeurs et d’une communication plus importante, et Sharevoisins pourrait être ainsi plus facilement « incarné ». Car si la plateforme numérique ne manque pas de membres et d’échanges, force est de constater, selon Sébastien, que les territoires où le principe se développe le mieux sont aussi ceux où une association Association Définition locale ou un collectif porte le projet sur le terrain, comme le Système d’Echanges Locaux (SEL) à Saint-Ouen ou Sharebourg à Cherbourg.


Entrer grâce à la facilité du numérique et découvrir l’économie du partage

Sébastien explique que la mise en relation via le web facilite le premier pas vers les usages du partage : le relatif anonymat de départ (seuls le prénom et une localisation approximative sont affichés sur le profil) permet de passer le pas et de se faire une idée. Ainsi, Sharevoisins peut toucher un public diversifié, pas nécessairement déjà sensibilisé et engagé aux enjeux de la transition écologique. Pour les jeunes, notamment, c’est une façon plus simple de faire le premier pas de la demande de prêt que dans la vie réelle. Sans surprise, Sharevoisins fonctionne en particulier dans les grandes métropoles. Dans les villes plus petites, l’organisation informelle entre voisins est plus usuelle que dans un quartier de grande agglomération, où les voisins de palier ne se connaissent que rarement.

S’organiser ensemble ?

Si Sharevoisins est une structure de pair-à-pair, au sens où les voisins s’organisent entre eux pour la remise en main propre de l’objet et la durée du prêt ou pour le coup de main à donner, son caractère numérique peut être un frein, selon Sébastien, à l’implication des voisins dans la vie de la communauté au-delà de leurs coups de mains réciproques. L’une des problématiques est donc de pouvoir organiser de manière locale et physique des groupes qui seraient des sortes d’antennes facilitant la prise de parole et la remontée des besoins et informations. L’autre problématique est de réfléchir à la gouvernance Gouvernance Définition de la structure, dont le statut juridique de SAS ne facilite pas l’implication des voisins à son organisation. Ce chantier est en cours, pour permettre la mobilisation de ceux qui font vivre les interactions du voisinage au quotidien et de correspondre au mieux à un modèle d’engagement et de partage plus « proche de l’ADN de Sharevoisins », selon Sébastien.

Retrouvez aussi l’intégralité de notre Focus sur l’économie collaborative et l’économie du partage par ici !

Images : Sharevoisins et Fotolia

Cet article est repris du site http://www.lelabo-ess.org/sharevoisins-partager-ustensiles-appareils-et.html
Posté le vendredi 10 février 2017
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