Retour sur la journée de formation PTCE du 19 décembre

par RTES

Comment comprendre cette dynamique et surtout les conditions de sa réussite et le rôle attendu des collectivités territoriales ? C’était l’objet de la journée de formation-échanges organisée par le RTES le 19 décembre avec Idéal Connaissances. C’était aussi l’occasion de partager et d’approfondir les éléments de l’étude confiée sur ce sujet à l’Atelier Coopératif.

Constats et éléments d’analyse apportés par Sébastien Cornu de l’Atelier Coopératif, témoignages et interventions de pôles (Phares à Plaine Commune, la Coursive Boutaric à Dijon, Eclis dans les Côtes d’Armor, Resea2P dans le Nord-Ouest Essonne) et de collectivités locales (Henri Arévalo du Sicoval, Marie-Thérèse Gansoinat-Ravaine de la région Lorraine, Isabelle Roux et Patricia Andriot de la région Champagne-Ardenne), échanges avec les participants - sur place ou en visio - ont permis de partager plusieurs éléments :


Il existe une corrélation entre l’ancienneté des projets, le montant des budgets de fonctionnement des Pôles et le nombre d’emplois permanents au sein de la structure, mais a contrario, il n’y a pas de corrélation évidente entre l’ancienneté et la part d’autofinancement, ce qui confirme l’existence de modèles économiques diversifiés.

Est confirmée la forte présence des collectivités en appui aux projets :
- Régions (95%) : du fait de leur compétence en matière de développement économique et de leurs politiques contractuelles territoriales,
- Intercommunalités (86%) et communes (75%) en appui de proximité, parfois en bailleurs (foncier, immobilier),
- Départements (66%) : largement concernés par les champs d’intervention (social et solidarité), interviennent directement en soutien aux activités d’insertion notamment (tout comme l’Etat).

Les modalités d’intervention enfin sont variées : majoritairement en financement, exceptionnellement en nature. A noter également l’importance des apports en compétences, notamment des intercommunalités, dans l’accompagnement, le conseil technique et le soutien administratif des démarches. Un total de 2 M€ a été mobilisé par les collectivités sur 43 projets, et une moyenne de 2 collectivités impliquées à hauteur de 25.000€ chacune.

La question du droit à l’expérimentation, et du soutien nécessaire des collectivités dans la phase d’ingénierie en amont du projet, a été soulignée.

L’importance de l’accompagnement des différentes dynamiques de coopération économique dans les territoires a été mise en évidence, qu’il s’agisse de gros projets structurants ou de plus petits projets.

Patricia Andriot, vice-présidente de la région Champagne-Ardenne et du RTES, a conclu la journée en relevant les éléments suivants :

- Les PTCE émergent là où il y a une maturité des acteurs à travailler ensemble et donc une longue histoire. Le PTCE formalise des dynamiques de coopération inter-acteurs et de décloisonnement qui se cristallisent à l’échelle d’un territoire de proximité bassin de vie : quartier, commune, communauté de communes… Et dans tous les cas, le temps est indispensable à l’affaire ; se mettre en confiance, s’apprivoiser, oser porter des projets communs, ne peut se faire du jour au lendemain et encore moins sur décret ou appel à projet. Bien au contraire, la plus-value de la formalisation (ou autrement dit du label PTCE) doit résider dans cette anticipation du temps long pour que les choses se mettent en place, voir joue comme un accélérateur.

- L’autre question majeure évoquée a été celle de la relation avec les pouvoirs publics : un projet plus global qui organise la rencontre de plusieurs secteurs (culture et habitat social comme à la Coursive Boutaric, formation et habitat et écomatériaux comme à Eclis) interpelle non seulement la capacité des acteurs à travailler en dehors des familles habituelles, mais aussi la capacité des collectivités à se parler entre elles et au sein de leurs services. Ces dynamiques se caractérisent aussi par une interactivité marquée dans le dialogue entre porteurs de projets et collectivités. La plus-value du label PTCE peut résider dans cette incitation à la mise en cohérence opérationnelle des politiques publiques, le dépassement de la logique trop courante des politiques en tuyaux d’orgues (l’agriculture, le transport, la culture, l’emploi, etc..) mais aussi peut-être dans la reconnaissance des vertus de la co-construction des politiques publiques.

- Enfin, la question de l’appartenance et de la reconnaissance d’appartenir au monde de l’ESS a été des sujets de la journée. Entre des acteurs qui ne souhaitent pas se revendiquer appartenant à l’ESS (parfois parce qu’on peut faire comme Mr Jourdain, parfois par crainte de l’image de l’ESS comme trop alternative ou trop institutionnelle) et d’autres qui font de l’affichage ESS une quasi-condition de reconnaissance, les points de vue font débat. Et alors ? L’important n’est-il pas la mise en œuvre concrète à une échelle économique plus large des principes de non lucrativité ou lucrativité limitée, d’intérêt général et de gouvernance partagée ? Ne pourrait-on pas considérer que, si à travers les appels à projet et les politiques publiques autour des PTCE, on peut dépasser ces approches par case pour reconnaître et donner une impulsion aux initiatives qui font vecteur de transition, alors les pouvoirs publics auront fait leur travail ?

Retrouvez les enregistrements vidéo de cette journée sur la plateforme ESS d’Ideal Connaissances [1].

Vidéo de présentation de la Coursive Boutaric

Prix "Acsé" (Dijon) from Artisans du film on Vimeo.


[1] Vous devez vous identifier ou vous inscrire librement afin d’y accéder. Pour toute question, animation@rtes.fr

Cet article est repris du site http://rtes.fr/Retour-sur-la-journee-de-formation,2092

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Posté le mardi 21 janvier 2014
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