Tourisme aquatique en Iroise

Quelle activité économique autour de « la plongée » ?


L’étude socio économique relative à la plongée subaquatique, coordonnée en 2004/2005 par le Ministère de la Jeunesses des Sports et de la Vie Associative (MJSVA) cible des freins et des leviers du développement de ce secteur d’activités en France.
Chaque année 340.000 plongeurs français, 70 %d’hommes pour 30 %de femmes, pratiquent les diverses activités de la plongée de loisirs. La tendance s’oriente vers une consommation des prestations de services ponctuelles encadrées par des professionnels (34 % en dehors du cadre fédéral) ou des voyagistes (3%).
Dans les pratiques de pleine nature, 63%des pratiquants revendiquent une pratique en dehors de toute structure. En plongée, la pratique libre compterait 55.000 personnes (16%).
Dans cette étude n’ont pas été comptabilisés les 800.000 adeptes de la nage d’entretien avec PMT (palmes, masque, tuba) en surface, en mer ou en piscine.
Ce rapport, expertisé par les différents organismes membres permanents du comité consultatif de la plongée de loisir, signale une communication très centrée sur le « monde de la plongée », ciblant peu le grand public. De plus le schéma général des organismes régissant l’organisation des activités est jugé complexe par le pratiquant.

Une révolution de la part des institutions dans leur manière de concevoir leur action serait à envisager. Le Conseil Général du Finistère (CG 29) l’indique en se référant à une démarche se réclamant du développement durable (agenda 21). Toute concertation entre un porteur de projet et la collectivité intègre les notions de gouvernance, de cohérence vis-à-vis des compétences respectives, d’incidence financière et d’impacts environnementaux et sociaux.
Pour renforcer le tourisme finistérien, le CG 29 préconise un accompagnement des activités économiques associatives, coopératives et mutualistes porteuses des valeurs de solidarité, innovantes économiquement et socialement.
Evoquer les conditions qui font qu’une activité économique autour de « la plongée » puisse se développer en Finistère interroge sur
• choisir le statut approprié à la situation territoriale, voire locale
• savoir mutualiser les moyens de gestion, voire financiers
• générer un suivi du développement
• clarifier le rôle de la caution publique.

Sans un organisme de coordination, les acteurs locaux n’opèrent pas de rencontres dépassant des clivages corporatiste, voire structuraux en ce qui concerne le secteur plongée. Le MJSVA rappelle que les acteurs économiques de la plongée sont encore trop souvent marginalisés dans leur fonctionnement et leurs politiques de développement. En Iroise, l’expérience acquise à Plougonvelin de 1994 à 2008 montre que la force de vente d’une petite structure reste encore mal relayée malgré les efforts de Nautisme En Bretagne et Nautisme En Finistère. L’influence de l’Office de Tourisme local, voir du Comité Départemental du Tourisme pour des produits « phare » reste dans bien des cas à valoriser. La communication par les média généraux relève essentiellement de l’évènementiel. Le réseau des hébergeurs est sous mobilisé.
L’expérience de Plougonvelin montre que la réactivité d’une petite structure, les innovations pédagogiques et les implications au sein de réseaux voués au développement durable d’un tourisme nautique et littoral ont autorisé la création d’emplois pendant 14 années. Sans cesse fragilisées par un fort investissement initial et un faible partenariat local, les activités ont cessé. Une analyse des pistes de développement, de la nature des investissements, des modalités d’amortissement, des retombées à long terme et de la transmission de l’entreprise ont depuis été élaborée pour construire un projet coopératif.
Adapter notre économie en aménageant un territoire équilibré et attractif en une résolution de l’agenda 21 du CG 29. En ce sens, la création du Parc naturel marin d’Iroise permettra-t-elle de favoriser des schémas de gestion novateurs auprès des territoires ? Le principe de gestion intégrée permettra-t-il de valider des initiatives locales générées par des acteurs aussi variées que les structures associatives, les entrepreneurs, les institutions ?

Un cycle de table ronde concernant le tourisme littoral et nautique permettrait d’acter les analyses respectives d’un ensemble de partenaires.

Claude Le Guitton
0671206503

Posté le mercredi 25 février 2009
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