Brest les 28 et 29 mai 2009

Politiques publiques de l’Economie sociale et solidaire à Brest, premiers retours

Photos et liens vers l’espace collaboratif


Près de 200 personnes ont participé à cette journée et demie de rencontre sur l’Economie sociale et solidaire au pays de Brest.

En attendant la réunion de bilan prévue le 16 juin, à laquelle sont conviés tous-tes les participant-e-s voici quelques éléments : photos, liens vers les sites des partenaires, le carnet des acteurs en ligne...

voici un espace d’écriture ouvert sur le wiki pour vos propositions, vos remarques sur la journée et ce qui peut se construire à la suite .

  • la conférence de Jean françois Draperi
Conférence de JF Draperi Partie 1
Définition et fondements
Conférence de JF DRAPERI Partie 2
Les deux premières utopies
Conférence de JF DRAPERI Partie 3
Enjeux : la troisième utopie

-  Les compte rendus des ateliers en plénière

- Vos contributions

Et quelques photos qui retracent des moments de cette rencontre

L’acceuil sur le stand de Brest Métropole Océane et quelques uns des stands mutualisés :

Pascale Kerdraon Brest métropole océane



L’introduction par François Cuillandre

Puis la conférence très intéressante de Jean François Draperi
qui sera bientôt mise en ligne :

Avant un premier temps d’échange entre ateliers :

Monnaie locale, solidaire en Bretagne. "Quelle potentialité pour une monnaie complémentaire sur Brest ?"

Doc Monnaies Complémentaires

Back up de l’atelier
M Y.Bigouin Cres, Mme I. Gonot Système d’Echange Local à Brest, Une représentante du groupe Chèque Déjeuner
M C. Roger Crédit Mutuel, M Y Clavreul Monnaie SOL

Services à la population. "Quelle valeur ajoutée de l’ESS par rapport au secteur marchand ?"
M B. MERRAND Cres,

avant de conclure cette première journée par la table ronde sur la commande publique responsable
Mme V Lunven Brest métropole océane, Mme K GAHZI Maison de l’Emploi Brest, M David Ison Boutique Solidaire Bretagne

Le lendemain nous entamons la matinée par les ateliers

Consommer et vivre autrement. "Être éco-citoyen dans le pays de Brest ? "

Mme S Duriez Maison de l’agriculture Biologique Daoulas, M Ph Le Tallec Ti Ar Bed, Mme M Egreteau Agrocampus, Mme L Bossard Emmaüs


Entreprenariat dans l’économie Sociale et Solidaire. "Ess et Economie classique, pouvons-nous travailler ensemble ?"

l’animation était assurée par le Journal des Entreprises, M J Feuntena président de la CCI de Morlaix, M P Le Guen dirigeant SCOP Biogastell Celtabio, Mme N MOHAOU Le Centre des Jeunes Dirigeants, M G TRIVIDIC (E/C en stratégie d’entreprise à l’ESC de Bretagne

Suivi de la table ronde sur l’Economie sociale et solidaire école de la citoyenneté ?

Animée par M D Chrétien avec M M Jezequel Directeur de l’association Don Bosco, M A Auffret des Petits Débrouillards Bretagne, Mme B Havard Duclos, Présidente Association Parents Enfants Finistère, M X Caille Familles Rurales

Un grand merci à l’équipe de l’AILE qui nous a préparé un repas Equitable dont les produits étaient issus de l’agriculture Biologique

Avant de terminer l’après midi par une restitution des ateliers et un débat

  • avec les élus des 3 collectivités : Brest Métropole Océane, Conseil Général du Finistère, Conseil Régional de Bretagne
  • et les acteurs de l’économie sociale et solidaire : délégué de la Cres dans le Finistère et association des acteurs au pays de Brest ADESS


M A Yvergniaux Région Bretagne, M F Huret Brest métropole océane, M R Ferrand Conseil Général du Finistère, M Jean François Draperi Cnam

si la parité a été de mise sur les premières sessions pour la pléinière c’est à organiser autrement ..

Des groupes de travail sont aujourd’hui actifs. Contactez les auteurs pour vous renseigner et participer à la construction de l’ESS du Pays de Brest

1 photos

Posté le lundi 1er juin 2009
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  • Juin 2009
    19:22
    Quelques errements de réponse à discuter
    par ermak

    éthique et économique : c’est par les valeurs partagées que l’on conjugue éthique et économique. Il doit y avoir une mise en priorité des valeurs retenues ; cette préférence doit être évaluée régulièrement étant donné que la valeur primordiale reste la liberté de choisir son engagement à intervalles réguliers. La définition de l’intervalle d’évaluation fait partie du premier accord. L’assemblée générale est un des types d’évaluation pour une mutuelle
    opposition ESS et économie classique : L’économie classique ne l’est(classique) que parce qu’elle domine les pratiques du monde occidental ; il y a d’autres formes : l’économie pastorale, de cueillette, de troc, publique, privée, capitaliste, marchande. Il n’y a pas de monopole de l’humanisme et de l’efficacité. Dans chaque diversité il y a des proportions variables d’humanisme et d’efficacité. Tout dépend de l’objectif de l’organisation : l’efficacité se mesure à l’atteinte du résultat : en insertion, l’efficacité c’est la réussite de retour en activité, le moyen c’est l’humanisme. Pour celui qui réussit à s’insérer, l’humanisme va être un supplément d’âme une fois qu’il est en activité ; alors l’humanisme devient un but, conséquence de l’efficacité.
    Humanisme et efficacité sont les deux faces de l’action en économie solidaire, elles animent le processus de production et de consommation, ainsi que celui de la réflexion.
    la taille de la structure : la taille de la structure dépend du projet ; cela amène à distinguer les différents types d’acteurs. Tout d’abord la famille, deux adultes et des enfants avec une activité nourrissière et peut être une activité métier. Ensuite il y a le groupement de familles, pour l’entraide nécessaire pour des gros travaux. On a rencontré aussi au niveau primaire le groupement de familles, la communauté familiale. Le mot communauté doit être employé pour tout ce qui anime en commun des personnes physiques réunies autour d’objectifs. Ensuite on va avoir des communautés de métier qui rassemblent des personnes physiques pour l’exercice de productions ; des communautés de consommation, de services à la personne, de service aux communautés de consommation, de production et de services. Il faut prendre ces dernière au sens le plus large. On retrouve coopératives, associations, SCOP,....
    La taille intervient de quelle manière ? tout dépend des objectifs, de leur nature, de leur mode de production essentiellement et du mode de distribution. De toute manière il faut distinguer la taille du niveau primaire de celui du groupement, si groupement il y a. Dans la tribu il y a trente personnes avec un chef représentatif, sans pouvoir de domination (voir Pierre Clastres), c’est une communauté. Chez les Amish, on a des familles qui se regroupent tous les dimanche chez une des familles, on pousse les cloisons pour faire une salle commune. La production est très locale, ainsi que la distribution. Le paysan et le village ont bien été observés par Chayanov et Roegen. Le paysan polonais a traversé la guerre froide avec son hectare soixante quinze de mauvaise terre. La communauté de métier a des problèmes de taille, les banques mutualistes sont des géants, qui se souviennent de temps en temps qu’elles viennent de l’ESS ; la Scoop fonctionne très bien, si elle est sur un marché avec ressources d’investissement et de direction ; elle est en concurrence sur le marché capitaliste, en général sur une niche due à son innovation. A grosse échelle on a l’histoire des mineurs gallois qui ont eu une bonne durée de vie tant qu’ils ont pu extraire du charbon avec des conditions limites. En fait dès que l’on joue sur le terrain capitaliste on est condamné à la recherche des rendements et la gouvernance se rapproche de la gouvernance capitaliste, en remarquant que la pérennité de l’entreprise impose une dépendance au marché malgré le "un homme, une voix". On peut dire que dès que la distribution de masse s’impose le solidaire s’efface peu à peu devant le capitalisme.
    De quelle distribution de masse s’agit il ? Dès que l’on doit vendre à l’étranger, pour maintenir un niveau de vie on tombe dans le capitalisme car l’évaluation et le développement d’idées ne peuvent se faire qu’à l’intérieur d’une langue. On y tombe aussi dès que il faut faire appel à des capitaux importants : c’est l’histoire des magasins COOP, avec l’impossibilité de passer aux hypermarchés ; ce passage à la distribution de masse c’était tout acheter dans un lieu ; en fait auparavant on achetait tout dans un lieu, le village. Mais la ville a généré la ZAC, avec tous ses types de grande distribution dûs à l’économie du temps due à la pression des horaires, les courses le samedi et l’économie d’essence, tout à Gouesnou : Leclerc, ou comment passer du semi-social apparent au capitalisme de marque. La marque COOP a montré qu’elle avait joué un rôle fondateur ; la conservation du mot "mutuel" dans l’intitulé des entreprises financières est un autre exemple. En fait aujourd’hui, la distribution de masse peut se faire par internet, pourvu que les coûts de livraison ne soient pas trop élevés, c’est à dire pour des poids faibles, du même style que ce qui s’envoie par avion en capitalisme et qui n’est pas périssable ni ultra urgent. Une centrale d’achat sociale a toutes ses chances pourvu qu’elle ne veuille pas être universelle qu’elle reste spécialisée. Pour tout ce qui est lourd on est dans la proximité, rappelons nous les paysans qui étaient menuisier-ébénistes qui venaient à la ferme fabriquer l’armoire de grand-mère. On reste social tant que l’on se limite que ce soit en taille, en assortiment ou en marché.

    la gouvernance : la gouvernance, c’est un nouveau mot, qui cache la violence de la conduite de des institutions et de l’entreprise capitaliste. Il est devenu d’emploi courant pour donner un sens un peu plus éthique au concept de management. En fait il s’agit du dialogue qui aboutit à un contrat d’objectif entre les acteurs d’un projet collectif. Cette gouvernance va d’objectif en objectif jusqu’à atteindre un but que l’organisation sociale s’est donné.
    la citoyenneté : elle concerne l’effort que chacun fait pour aboutir à un projet collectif. Elle est fortement conditionnée par l’idée, l’idéal personnel, l’utopie de vision, la conception des valeurs. C’est pour cette raison que la motivation est à entretenir, que le discours autour des valeurs est important en économie sociale ; chaque groupe se définit ses axes de valeurs, le sens qu’il donne à ses activités et à ses buts.
    les politiques publiques : Qu’attendre de l’institution politique ? fondamentalement l’histoire nous apprend que l’organisation politique actuelle est le résultat d’une évolution cahotique qui nous a donné 5 républiques. Le rôle de l’état c’est de protéger et de maintenir l’ordre. Protéger, je pense être d’accord . Maintenir l’ordre ? à partir du moment où il faut faire évoluer l’ordre établi les difficultés se présentent. L’économie sociale doit donc se trouver des cadres existants pour se développer et être assez influente pour faire passer des lois qui permettent son développement.
    Le problème c’est que l’économie sociale , pour se développer, a besoin de capitaux ; ils ne sont peut être pas si importants. Qu’observons nous ? quels niveaux politiques sont plus à même d’implanter l’économie solidaire ? l’exemple de municipalité (la collectivité locale) qui donne un bail symbolique de logement et de métier à un artisan ou un épicier pour pouvoir alimenter un village perdu fait dire que le niveau communal est pertinent. Le maire réunit généralement un bon consensus autour de lui dans des petites communes. C’est par le niveau municipal qu’il faut commencer.
    l’intérêt pour les instances politiques l’intérêt pour un niveau politique c’est que par le biais de coopératives on peut réaliser des projets qui n’auraient aucune chance d’exister autrement
    Le fonctionnement les structures garantissent un type de fonctionnement, ce fonctionnement est il entièrement adapté au but social ?, il faut donc régulièrement évaluer pour éventuellement faire évoluer le statut qui garantit les régles internes.
    le statut SCIC Ce statut fonctionne bien si le but social est de fournir un bien ou un service sur un marché existant et solvable. Une AMAP familiale peut fonctionner en SCIC.
    salariés et bénévoles associatifs ? La question a déjà été développée, mettre ensemble producteurs et consommateurs est risqué. Il faut donc en général séparer les deux cas, les salariés et bénévoles producteurs ou les salariés et bénévoles consommateurs. Le cas où les producteurs produisent leur consommation c’est l’autonomie.
    salariés et bénévoles producteurs : le besoin de salariés s’impose s’il faut avoir une permanence de production que ne peuvent assurer les bénévoles ; l’équilibre se bâtit selon les disponibilités assurées, certaines.
    salariés et bénévoles consommateurs : le besoin de salariés s’impose s’il faut avoir une permanence de stockage de la consommation que ne peuvent assurer les bénévoles ; l’équilibre se bâtit selon les disponibilités assurées, certaines. S’il n’y a pas de stockage, il n’y a pas de salarié. Chacun prend contact avec le distributeur-producteur
    participation des salariés et des usagers aux processus de décision ?
    si les salariés sont sociétaires la question ne se pose pas. De la même manière il peut être intéressant d’avoir quelques usagers sociétaires, à voir selon les cas.
    PME et ESS :
    Tout dépend du secteur de produits de la PME. S’il y a sous traitance par L’ESS ou la PME, son destin est lié à celui de son donneur d’ordre, c’est le cas de tout fournisseur. Le rapport au territoire se fait par de la proximité de livraison dans le sens ESS fournisseur PME client mais aussi, PME fournisseur ESS client soit pour de la distribution, locale éventuellement, soit pour de la consommation transformation en fin de processus de production distribution.
    La complémentarité par une utilisation d’outils appartenant à la PME, peut se faire sur des machines complètement amorties et qui sont cédées à l’ESS. Le rythme ou taux d’utilisation de ces machines peut être faible, à la commande, servi par du personnel ayant appartenu à la PME et devenus salariés de la SCOP créée à cet effet ; très souvent les entreprises ne veulent pas se désaisir de moyens de production pour pouvoir les conserver dans leurs bilans.
    On peut rapprocher ce mode d’acquisition d’investissement de celui qui a existé dans le cadre de l’entretien de forêt :
    un propriétaire de forêt donnait une portion à entretenir à un paysan pour une certaine durée et au bout de cette durée le propriétaire cédait en toute propriété au paysan une fraction de sa forêt, échange de travail contre investissement.La facilité provenait du fait du caractère morcelable de la forêt et de sa repousse.
    Le marché de l’énergie a été facilement exploité par des SCIC, quoique on soit en France à la limite des possibilités d’efficacité ( monopole dEDF) au contraire de la Belgique (région de Bouillon).
    Les entreprises individuelles rentrent en concurrence avec l’ESS dans beaucoup de cas. Par exemple y a t-il concurrence entre une AMAP et une entreprise d’insertion par l’horticulture. Entre un exploitant agricole qui a une efficacité vis à vis de sa clientèle et un jardin d’insertion il n’y a pas la même efficacité ; le jardin d’insertion ne peut assurer une permanece de distribution qui est nécessaire pour stabiliser une clientèle.
    En fait entre le professionnel qui assure une permanence du service et un social qui a une activité aléatoire, il n’y a pas de concurrence ; le social effectue des productions à la demande, aléatoire le plus souvent, il ne bénéficie pas de capacité publicitaire et de garantie.

    les besoins de base de la population et du territoire ?
    Les besoins de la population , ce sont les différents postes d’un budget familial : ils sont satisfaits par :
    des produits et services qui peuvent être produits par des activités qui ne nécessitent pas une spécificité professionnelle de haut niveau s’accompagnant de l’utilisation de moyens rares d’investissement localement, dans la commune ou celles voisines, dans le canton ou ses voisins, dans le département ou ceux avoisinant, dans la région ou celles avoisinantes, dans notre pays proche ou lointain , à l’étranger proche et lointain.
    des produits et services fournis par des activités qui nécessitent une spécificité professionnelle de haut niveau s’accompagnant de l’utilisation de moyens rares d’investissement localement, dans des lieux éloignés de la commune ou des cantons voisins. C’est le territoire qui prend en charge, comme il le fait déjà.Cette distinction est facilement perçue dans le domaine de la santé, l’hopital par exemple ; en fait par tous les services publics, incendie, sécurité civile, chemin de fer,etc...
    Les produits et services sont généralement classés par ordre de nécessité ; l’économie solidaire se constitue autour de plusieurs cercles ; le cercle central est celui de l’autonomie alimentaire essentiellement mais qui peut être accompagnée d’autonomies de métiers courants. Ces autonomies de métiers courants va concerner un groupement restreint ou élargi de familles : un spécialiste dans un canton pourra prêter son concours dans un canton avoisinant. L’intérêt de ces autonomies c’est qu’elles donnent de l’activité à des personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas participer au secteur marchand. Si l’on n’a pas d’emploi on peut se nourrir (jardins ouvriers et petit élevage), pourvu que l’on ait accès à la terre, de 500m2 à 2 hectares par famille. L’équilibre de cet ensemble de groupements autonomes est réalisé par le fait qu’il n’y a pas de surplus mis en concurrence avec des producteurs locaux ou extérieurs. Le problème de la terre mise en autonomie n’est que le remboursement six siècles plus tard de l’extorsion au domaine public des "communs" du moyen-âge. Ces familles bénéficient des revenus sociaux de redistribution puisqu’elle n’ont aucune activité privée.
    Le deuxième cercle c’est l’économie solidaire de marché qui va proposer des produits et services comme l’économie marchande où elle sera en concurrence avec les PME ou dans leur environnement.
    Le troisième cercle ce sera celui des coopératives de niveau national.
    Les monnaies complémentaires : Les monnaies sont un moyen de gestion interne qui n’a pas de rapport avec l’extérieur. Tant que des délits ne sont pas commis l’extérieur n’a que peu à voir. En fait il y a une tentation de rechercher un taux de change avec la monnaie légale. Ce n’est pas souhaitable.