Le tourisme social à l’heure des choix

par admin

Beaucoup plus ancien que le tourisme solidaire, le tourisme social se préoccupe d’abord d’une solidarité en France face au constat que 6 millions de familles n’ont encore aujourd’hui pas les moyens ni l’opportunité de partir en vacances.

Les origines du tourisme social

C’est à partir de la conquête des congés payés en 1936 et plus encore à la Libération que se développe le tourisme social. Au confluent de l’éducation populaire, de l’action sociale, de l’activité physique et sportive et du syndicalisme, le tourisme social associatif s’est dès l’origine construit en autonomie, à côté de l’action des pouvoirs publics. L’État, les collectivités locales, les caisses d’allocations familiales, par le biais d’aides à la pierre et d’aides à la personne, appuient tout de même le développement des villages vacances et proposent des aides au départ.

 

Une évolution difficile

A l’origine soucieux d’organiser des vacances pour la classe ouvrières et ses enfants (le tourisme populaire des années 50), le tourisme social a évolué à partir des années 1970, en favorisant notamment les échanges avec des pays étrangers (socialistes ou non alignés : Yougoslavie, Cuba). La crise économique, les années 1980 marquent le début des difficultés d’un secteur confronté au développement de la société des loisirs et de la concurrence du tourisme industriel. A cela s’ajoute la diminution des subventions, à la pierre comme à la personne, et le vieillissement du parc d’hébergement associatif. Il en a résulté un relatif désintérêt des Français pour le droit aux vacances pour tous. Or aujourd’hui encore beaucoup de salariés de petites entreprises aux revenus modestes, mais aussi les chômeurs, Rmistes, temps partiels imposés, CDD, etc. ne bénéficient pas des aides traditionnelles au départ : ils n’ont pas de comité d’entreprise et sont légèrement au-dessus des seuils d’attribution des bons Caf mais encore trop « pauvres » pour partir par leurs propres moyens.

 

Les défis à relever

Le tourisme social doit donc réagir et s’adapter pour poursuivre sa mission toujours nécessaire. Ce qui passe notamment par une modernisation des pratiques pour attirer également les clientèles solvables et maintenir la mixité sociale. Et cela sans perdre son âme : on s’est ainsi aperçu que les aides aux vacances des comités d’entreprise profitaient pour un tiers à des salariés dont les revenus étaient largement suffisants… Les acteurs du tourisme social souhaitent une remise à plat des aides à la personne et un soutien des collectivités dans la rénovation des équipements. Enfin le secteur à beaucoup à gagner à mieux se faire connaître auprès du grand public.

Cet article est repris du site http://www.rhone-alpesolidaires.org/le-tourisme-social-a-l-heure-des-choix
Posté le samedi 8 juin 2013
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