Lab-REV (Refit-Eco-Voile) la voile, l’éco-conception et l’open source


Créé par des étudiants en architecture navale et des ingénieurs, le Lab-R.E.V. cherche à réinventer les façons dont on fabrique, dont on répare, dont on consomme, et choisit le nautisme comme domaine d’application principal. La structure vise à porter ses propres projets, à promouvoir et aider des projets extérieurs dont les intérêts convergent autour de valeurs communes :

  • Re-fit (réhabilitation/ up-cycling) : donner une nouvelle vie / remettre en état les objets vétustes.
  • Eco : recherche de nouveaux moyens les plus écologiques et économiques possible.
  • Voile : choix d’un milieu extrême pour nos expériences, autour d’une passion commune.

Les objectifs sont de fabriquer des prototypes, de les tester en labo puis sur l’eau, et qu’ils puissent venir remplacer des objets standards de la plaisance, pour un coût et une émission carbone minimisés (par exemple taquets coinceurs, éoliennes, hydrogénérateurs).

Voici les défis que l’on se fixe :

  • Défi énergétique : développer les modes d’autonomie énergétique pour la vie à bord et la propulsion.
  • Défi re-fit : prolonger le cycle de vie des bateaux en travaillant à leur réparation et à leur amélioration.
  • Défi proto-conception : concevoir des bateaux réparables et améliorables (up-cyclables) plutôt qu’obsolescents, prendre en compte la micro-fabrication et le prototypage rapide dans la conception des bateaux et l’enrichissement de leurs possibilités, envisager les meilleurs matériaux (bio-sourcés).

· Défi sportif : renforcer la capacité des sportifs amateurs (clubs de voile, plaisanciers) et de compétition à maîtriser et améliorer leurs bateaux ; tester les intuitions du Lab-R.E.V. dans les contextes de contrainte des sports nautiques (qualité, sécurité, résistance, légèreté, longévité).

· Défi eau et alimentation : expérimenter et développer les outils d’autonomie dans la conservation, la cuisson de viande, la production d’eau douce, etc.

La voile est un sport réputé coûteux et inaccessible du fait, entre autres, du prix élevé de l’accastillage et des sources d’énergies durables (éolienne, hydrolienne, pile à combustible etc.). D’autre part, la casse de matériel lors de longues navigations peut s’avérer très handicapante et est au cœur de nombreuses réflexions. La nécessité de développer des produits simplifiés et aisément fabricables à moindre coût est alors évidente . L’envisager au moyen de matériaux durables est une conséquence logique et indissociable à notre démarche.
Ce projet s’intègre ainsi dans la genèse de notre problématique : rendre accessible la fabrication de l’accastillage courant à tout plaisancier par des moyens simples, durables et peu coûteux et développer du même coup des pistes pour la fabrication embarquée de pièces détachées.

Concrètement, c’est par le moyen de supports open sources, type fablabs et autres associations participatives, que nous souhaitons créer une dynamique à ce sujet sollicitant déjà un grand intérêt en France et à l’international. Grâce à des partenariats et à la mise à disposition de données, outils et expériences, il s’agit alors de définir ensemble les premiers objets à concevoir et les moyens les plus adaptés pour y parvenir.

Finalement, un périple de 10 000km le long des côtes françaises et en Europe est encore le meilleur moyen d’aiguiser la créativité de chacun et de valider ces choix. C’est également l’occasion d’élargir encore un peu plus notre réflexion en up-cyclant un voilier de plaisance en laboratoire itinérant. L’objectif est donc non seulement d’en faire un support test pour nos prototypes, tout en offrant une seconde vie à ce voilier par des moyens tout aussi accessibles et modestes. Le Lab-REV a également l’ambition, par ce biais, de susciter la curiosité et de faire naitre des projets similaires, mêlant association, partage et aventure.

Au départ de Lorient en mars 2015, nous souhaitons que le voyage soit la phase de convergence entre le refit du bateau et les prototypages du labo. Ce sera l’aboutissement d’un an de recherche, puis les six mois de navigation nous permettront d’améliorer nos prototypes, et d’en imaginer d’autres plus ambitieux. Nous souhaitons profiter de cette phase où nous allons évaluer nos méthodes et nos choix pour impliquer un public large dans notre aventure. Ce serait pour nous un moyen de partager notre engagement auprès de tous, de montrer qu’il est possible de vivre avec le sourire dans un esprit de développement durable. Si nous parvenons à faire de notre expérience un exemple, nous espèrons y associer une image neuve et dynamique. Cette idéologie est trop souvent tournée en discours catastrophistes et associée à la restriction : "réduire, diminuer, limiter". Au contraire, nous voulons montrer que le développement durable c’est "augmenter, atteindre, choisir" ! Convaincus que par l’ingéniosité et l’astuce nous pouvons faire du plus avec du moins, il faut donner de l’espoir et de l’envie à ceux qui n’y croient pas. Alors quoi de mieux que d’associer croisière, soleil, voile mais aussi high tech au concept de développement durable ? Et si voile et écologie nous rassemblaient ?

Cet article est repris du site http://www.bretagne-creative.net/article169.html
Posté le jeudi 29 mai 2014
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