La récup’ des bouchons de liège, une démarche loin d’être isolée !


Amateurs de vin, cidre et champagne ne jetez plus vos bouchons, ils ont du potentiel ! Avec des capacités d’isolation remarquables et une ressource considérable, le liège de récupération est de plus en plus utilisé pour l’éco-construction. En atteste le projet Ecocum, dans la région de Brest, pour lequel la recyclerie Le Boulon collecte des bouchons afin d’isoler des logements écologiques. Un projet qui devrait se concrétiser en Juillet 2011 par le début des travaux.

Un article publié sur Bretagne Durable et reproduit avec l’aimable autorisation de Nathanaël Fattier.

Approche éco-habitat, l’association Culture et Liberté et les Compagnons bâtisseurs s’associent pour un projet ambitieux : la mise en place d’une filière de collecte et de recyclage des bouchons en liège dans la région de Brest.

L’objectif : transformer le produit de la récolte en isolant écologique et le mettre au profit de foyers à revenus modestes par la création d’éco-habitats. Le début des travaux de ce projet nommé "Ecocum" est programmé pour juillet 2011.

« Il s’agit, dans un premier temps, de collecter les bouchons auprès de particuliers, de restaurants et d’établissements scolaires » explique Mathieu Harel, de l’association Culture et Liberté. Ils sont ensuite « conditionnés » au sein de la recyclerie Le Boulon à Brest afin de « les utiliser en vrac comme isolant dans les combles des constructions » selon Benoist Deschamps, un membre du projet Ecocum.

Une production à moindre coût

Mais pourquoi développer cette filière alors que d’autres isolants écologiques sont déjà sur le marché ? « Car le liège est un isolant remarquable, que nous pouvons nous procurer à moindre coût » poursuit Benoist Deschamps. En effet « la matière première ne coute rien, il n’y a que le coût du recyclage qui est à prendre en compte ». Une perspective qui leur permet de « fournir un logement à des personnes à revenu modeste ». De quoi remettre en question l’idée reçue sur le cout élevé des éco-contructions.

Mais malgré l’attractivité d’une telle filière la recyclerie n’en est qu’à « une phase expérimentale » tempère Benoist. « La réussite du projet d’habitat groupés Ecocum à Loperhet (29) nous permettra véritablement de mesurer si cette filière peut être pérenne ».

Une démarche en pleine expansion

Cela ne l’empêche pas de souligner que « Malgré la diversité des sources, le potentiel de récupération est considérable ». Puis de renchérir : « nous ne sommes pas les seuls à collecter les bouchons, certaines associations se mobilisent également et c’est aussi le cas des particuliers ». Avant de conclure, beau joueur « et c’est tant mieux ! »

En effet, nombre de structures s’organisent afin d’offrir un seconde vie à ces déchets qui ne devraient plus en être. C’est le cas de Recycliège, qui a adopté ce raisonnement au niveau national et qui possède notamment une antenne à Rennes dont Michèle Baudoin est la fervente collaboratrice. Armée du slogan « Plus aucun bouchons de liège ne doit partir à la poubelle » elle invite « estaminets, auberges, cantines et restaurants » à se mobiliser pour la réutilisation de cette ressource devenu rare.

Et certaines structures envisagent même la collecte et le recyclage du liège à l’échelle industrielle. Tel est le cas de Amorim France qui a collecté pas moins de 230 000 bouchons de liège uniquement pour la fin de l’année 2009 !

A l’heure ou les isolants conventionnels sont pour certains controversés, (polyuréthanes et polystyrènes pour leur impact sur l’environnement et leurs risques pour la santé) le liège de récupération semble ne s’être jamais si bien porté.

Posté le lundi 2 mai 2011
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