Cette semaine dans Histoires ordinaires

La folle vie du citoyen Yffic Dornic, maire et mémoire du port de Brest


L’arroseur arrosé, le reporter reporterisé... Venu interviewer Iffic Dornic, me voilà filmé, interrogé sur mes souvenirs brestois, les grèves de la navale, tout ça : quel sacré chasseur d’Histoire il fait, Yffic ! Au vrai, la belle histoire, c’est lui. Faudra que les Brestois en fassent une chanson ! Et nous brandirons nos verres à la santé du citoyen Dornic, la mémoire, joyeuse et douloureuse, du port de Brest...

a-brest reprend ici une partie de l’article publié par le magazine Histoires ordianires qui présente des portaits de personnes témoins et acteurs de la vie société

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Maire du port et branché

Il y a dix ans maintenant, le docker-afficheur-gardien rencontre au Fourneau, un autre Yffic, Yffic Cloarec, champion du net. « J’ai envie de te mettre à écrire des mails », lui dit-il. À partir de ce jour-là, Yffic Dornic a « appris la science du mail ». « J’écrivais et j’avais la réponse tout de suite ! » Après, on l’a branché sur les moteurs de recherche, il a tapé « Le port, Brest » et « il est tombé plein de choses ! Je croyais connaitre le port, je ne connaissais rien. »

Modeste Yffic ! Tu parles qu’il le connaît le port, depuis longtemps. Il a toujours été au courant de tout, surtout des changements à venir concoctés en mairie. « Je disais souvent aux gens "il va se passer ça" », tant et si bien qu’un jour une voix a lancé : « V’là le maire ! » De là, il y a eu une élection « avec plus de votants que d’inscrits ». Un plébiscite. Yffic Dornic maire du Port De ! Mais c’est vrai qu’il lui fallait plus loin, jusque dans les entrailles, dans la mémoire.

La folle vie du citoyen Yffic Dornic, maire et mémoire du port de Brest

« J’ai souvent dit : "On me redira Monsieur". »

Quand les blogs sont arrivés, c’était pour lui. Blog + mails : le « fou de la pêche », depuis cinq ans, chalute loin, profond. « Je fouille par Google, je téléphone, plein de gens m’envoient des mails ; je leur dis : "Voulez-vous que je vous interviewe pour que la mémoire ne soit pas perdue" ; j’ai eu deux refus sur à peu près 500. » Yffic Dornic ne cesse de remonter à la surface des faits, des photos, des plans, des vies, des joies, des peines... : « Au début, en 2006, je pensais faire 20 pages, j’en ai 120. »

Il a trente dossiers toujours ouverts dont l’explosion du cargo Ocean Liberty qui fit 30 morts et 1000 blessés graves sur le port et dans la ville en 1947. « Six heures par jour », il est devant l’écran, tapant d’un doigt d’une frappe ouvrière mais taillant ses photos au millimètre et ciselant ses textes : « J’aime ça ; quand j’étais môme, j’avais 19/20 en rédaction ; à 12 ans, j’ai été premier du Maine-et-Loire à un concours ; depuis, j’ai été en débandade, comme un clochard mais j’ai souvent dit aux gars : "On me redira Monsieur". »

Des interviewes sans fard

Yffic Dornic travaille sur son blog et aussi pour Wiki-Brest et d’autres. C’est une référence dans la vie brestoise. N’hésitez pas à rejoindre son carnet d’adresses déjà considérable. Et à répondre à ses questions. Sans fard. Il vous y aidera. Le pêcheur de mémoire Yffic Dornic a sa technique : « Je ne prépare pas les gens aux questions ; s’ils se préparent, ils ne disent plus pareil ; et quand j’interroge, je suis assez incisif... »

L’adresse originale de cet article est http://www.a-brest.net/article8818.html
Posté le samedi 19 novembre 2011
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