Un article repris du site Nord-social, site d’informations sur l’économie sociale et solidaire publié sous licence Creative Commons
Au cours de cette manifestation trois exemples furent mis en évidence.
P.A.R.I.S, où la Scop au pays de la biotechnologie
Créée il y a 10 ans, P.A.R.I.S., implantée à Compiègne est une entreprise de biotechnologie en plein développement.
« A l’époque, explique Amélie Rafaël, la Pdg de la Scop, suite à la fermeture de notre ancienne entreprise, sept salariés ont décidé de conjuguer leurs efforts et leur savoir-faire pour maintenir leur outil de travail. C’était l’époque des stars-ups, et dans le domaine de la biotechnologie les financiers demandaient un retour sur investissement rapide et à deux chiffres. »
« Notre salut est venu de l’Urscop de la région Nord –Pas-de-Calais- Picardie, qui a fait crédit à notre projet. Sans l’aide financière et administrative du réseau des Scop nous n’aurions pas pu créer P.A.R.I.S, » explique Amélie Rafaël.
Aujourd’hui, la Scop emploie 15 personnes avec un chiffre d’affaires qui, depuis 2005, croît de 30% par an. « Les salariés, souligne la responsable de P.A.R.I.S., compte tenu de la structure Scop de l’entreprise, savent au quotidien dans quelle ligne stratégique ils travaillent. »
UTB : avec une école construire les fondements de la Scop
Avec la Scop UTB, qui œuvre dans le bâtiment en Ile-de-France, on passe à une autre dimension. L’entreprise, qui a 80 ans d’ancienneté, emploie 800 personnes.
Son Pdg Charles-Henri Montaut, explique « que durant ces dix dernières années durant lesquelles la conjoncture fut favorable à la construction, UTB a multiplié par deux son nombre de salariés, par trois ses activités et par cinq ses fonds propres. »
Sur les 800 salariés, la Scop compte 300 associés. « La notion de participation est très présente, souligne Charles-Henri Montaut. Dans nos activités, on a l’habitude d’associer les gens. On y trouve des éléments d’efficacité. » C’est la Scop au quotidien.
« Les prises de décisions quotidiennes, ajoute-t-il, ne se font pas en assemblée générale toutes les cinq minutes. En assemblée générale ce sont les décisions importantes qui sont prises, l’utilisation de la richesse produite, où bien encore, c’est ici que sont élus les responsables. »
Considérant « que chaque fois qu’un salarié progresse cela se traduit par de l’activité supplémentaire pour l’entreprise, nous avons étudié, explique le Pdg de la Scop, la manière dont on pouvait accélérer la progression des individus. Et nous avons créé une école pour le développement des formations liées profondément à nos métiers, avec un volet comportemental. »
La Cepam : recrutement en vue
Avec la Cepam, une menuiserie industrielle de 84 salariés implantée en Poitou-Charentes, on est dans une autre dimension. Créée en 1985 et faisant partie du groupe Rougier, l’unité de Poitou-Charente est mise en liquidation fin 2007. L’entreprise renaît sous forme de Scop fin 2008.
« Sur l’année 2009, c’est la première fois depuis 12 ans, souligne Christabelle Cholet, la Pdg de la Scop, que la Cepam sort un bilan positif. Aujourd’hui, l’entreprise recrute. » Les coopérateurs valent bien les capital-risqueurs
De création récente ou ancienne, ces exemples le démontrent, les Scop disposent d’un potentiel de développement. Or, celui-ci, estiment les responsables du mouvement Scop, est actuellement freiné.
Patrick Lenancker, à l’occasion du lancement parisien de la campagne de communication des Scop, formula trois propositions à destination des pouvoirs publics, pour, justement promouvoir la création de Scop.
Le départ à la retraite de nombreux dirigeants d’entreprises et les difficultés économiques peuvent mettre en péril l’avenir de bien des PME. Les Scop proposent que les pouvoirs publics encouragent davantage la reprise d’entreprise en Scop par les salariés. Dans les cas d’entreprises en difficultés, mais économiquement viable après restructuration, les Aides à la Reprise et à la Création d’Entreprises (ARCE) ne sont versées aux salariés que s’ils sont déclarés demandeurs d’emploi et que leur entreprise a été liquidée. Les Scop proposent que cette aide, ou une nouvelle aide à créer, puisse être versée sans interruption de l’activité, afin d’accroître les chances de succès de ces reprises.
Les pouvoirs publics devraient, considèrent les responsables du mouvement Scop, favoriser l’émergence de coopératives, sous forme de Scop ou de Scic, dans les filières stratégiques (énergie, alimentaire, logistique,..) dans la mesure où cela permettrait d’ancrer durablement leurs activités sur le territoire français.
Enfin, la CG Scop demande que les mêmes garanties soient accordées aux salariés prenant le risque d’une reprise à travers une Scop qu’aux professionnels du capital-risque. Il faut que les salariés qui investissent pour reprendre leur entreprise bénéficient du même niveau de garantie de leur investissement que les professionnels du capital-risque, soit 50%.
Jean-Paul BIOLLUZ
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