Nous l’évoquions en Mars dernier dans un article intitulé "Europe et financements publics", la circulaire ministérielle du 18 janvier 2010 sur la sécurisation des financements publics dite "circulaire Fillon" est de nouveau sous le feu des projecteurs.
Prétendant « clarifier », « sécuriser » et « simplifier » les relations financières entre pouvoirs publics et associations, le texte met en place un nouveau modèle de convention de subvention « eurocompatible ». Si pour certain, ce texte a pour mérite de poser les choses noirs sur blancs, d’autres souhaiteraient l’abroger et faire reconnaître la spécificité associative de manière plus globale. C’est le cas du collectif associations citoyennes qui s’est constitué il y a quelques mois à cet effet : http://www.associations-citoyennes....
26 associations ont constitué le 2 juin dernier un collectif des associations citoyennes, avec 3 objectifs :
* obtenir l’annulation de la circulaire et faire largement connaître les dangers des mesures envisagées * élaborer des propositions alternatives * lancer un débat sur l’avenir des associations et leur place dans la société.
Le débat qui fait rage, au sein même du secteur associatif, oppose ainsi les partisans d’un secteur associatif, véritable acteur de l’économie solidaire où les associations sont de véritables acteurs économiques, des entreprises spécifiques, au service de l’intérêt général... à une vision plus citoyenne de l’association, qui prône la participation bénévole et l’encrage local, et qui s’oppose à une entrée de plein fouet du secteur "non marchand" dans la plus pure économie de marché.
Car, en effet, cette circulaire est à l’image de la constitution européenne de 2005 : très compliquée, très difficile à lire et surtout à interpréter (les termes juridiques européens n’ayant pas forcément de traductions en droit français) et bercée par un courant néo-libéral qui prône la concurrence pure et parfaite entre toutes les organisations économiques, y compris associatives.
Le RESAM s’était penché sur la question en janvier dernier et avait tenté une explication de cette circulaire dans un article intitulé "Europe et Financements Publics"... Peut être un atelier de "désintoxication du jargon européen ", pour décortiquer cette circulaire, analyser et comprendre les enjeux qu’elle pose, serait le bienvenue...
Et si on y invité nos députés français et européens, pour qu’ils nous l’expliquent ?!
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