La bio n’est plus un acte d’achat militant ! Pascal Gury, Président de l’Agence Bio


Pour Pascal Gury, Président de l’Agence Bio les coopératives Bion ont un rôle important à jouer dans la structuration d’un marché en pleine croissance. La non spécialisation des coopératives dans un secteur de distribution devrait leur permettre de répondre à un maximum d’attentes des consommateurs.

Une interview repris de l’étude de Coop de France Ouest

1 Quel rôle les coopératives peuvent-elles jouer dans le développement du bio ?

Les coopératives agricoles ont un rôle indéniable à jouer
dans la structuration des filières bio. Depuis 1997, elles ont
investi ce marché pour répondre à la fois à la demande
de leurs adhérents et à une demande de la GMS et des
magasins spécialisés. Et elles sont en totale adéquation
avec leur vocation : regrouper les productions pour faire
jouer l’effet volume, valoriser les produits en apportant des
outils de transformation. Et c’est par la structuration des
filières que l’on pourra baisser les coûts de production et
donc le prix pour le consommateur.
Les coopératives sont également en mesure de
sécuriser les revenus des agriculteurs par le biais
de la contractualisation. C’est un élément fondamental
pour l’avenir et qui passe par la structuration de
véritables filières capables de mettre en adéquation l’offre
et la demande grâce à des outils de régulation pertinents,
ce qui n’a rien de simple dans la mesure où l’on reste sur
des volumes encore restreints.
Enfin, Il y a une vraie richesse humaine à voir se côtoyer
dans une même coopérative des exploitants conventionnels
et bio. C’est une source d’innovation croisée.

2 Les coopératives doivent-elles se spécialiser sur certains créneaux de distribution ?

Non ! Aujourd’hui il faut être en mesure de répondre
à toutes les demandes. Il y a des besoins non satisfaits
sur l’ensemble des circuits de distribution, qu’il s’agisse
de filières longues avec la GMS et la RHD ou de filières
courtes avec les AMAP et les marchés.

3 Êtes-vous optimiste sur l’évolution du marché bio ?

Les chiffres sont plutôt rassurants, mais ce qui est
vraiment marquant, c’est la confirmation du consommateur
dans son attente sociétale. En 2009, malgré la crise, la
consommation est restée en progression et cette tendance
est marquée puisqu’elle progresse de 10 % tous les ans.
Et cela concerne toutes les classes sociales et tous
les âges. Ce n’est plus un acte d’achat militant. Il nous reste
maintenant à satisfaire cette demande.

Retrouver cet interview dans l’étude "Agriculture Biologique : les solutions coopératives"

Site de l’Agence Bio

Posté le lundi 13 septembre 2010
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