Une étude de l’INSEE février 2009

L’économie sociale emploie un salarié sur dix en 2006

Guillaume Gaudron, pôle Études économiques régionales, Insee


un article repris des informations publiées sur le site de l’INSEE

Dans le secteur de l’économie sociale,
200 000 établissements
emploient 2,1 millions de salariés
en 2006, soit 10 % de l’ensemble
des salariés.

Associations, mutuelles,
coopératives et fondations sont les
quatre familles de l’économie sociale.

Leurs activités économiques relèvent
des activités financières, de l’éducation,
la santé et l’action sociale et des
services aux particuliers.
Les emplois de ce secteur, souvent à
temps partiel, sont fréquemment occupés
par des femmes.
Avec 80 % des salariés, les associations
sont le principal employeur. Elles interviennent
essentiellement dans le domaine social
 : accueil des personnes handicapées,
aide à domicile ou aide par le travail.
L’économie sociale est composée d’entités
réparties sur l’ensemble du territoire. Mais
c’est dans l’Ouest de la France et en zone
rurale que l’implantation est la plus forte.

En 2006, l’économie sociale représente 9,8 %
de l’emploi salarié national hors agriculture, et
8 % de la masse salariale (définitions). Sur les
22 millions de salariés que compte le pays, 2,1
millions travaillent dans ce secteur et sont
employés dans 203 000 établissements

Répartition des salariés et des établissements
employeurs de l’économie
sociale par famille

Effectifs au 31 décembre Nombre d’établissements employeurs
Coopératives 295 000 22 000
Mutuelles 117 000 7 000
Associations 1 676 000 173 000
Fondations 58 000 1 000
Total 2 146 000 203 000

Champ : France.
Source : Insee, Clap 2006 (hors agriculture).

L’économie sociale fait partie de la vie de millions
de citoyens adhérents de mutuelles, de
coopératives ou d’associations. Elle regroupe
diverses structures économiques qui partagent
des principes fondateurs (encadré 1).

Parmi les 100 plus grosses entreprises appartenant
à l’économie sociale, 45 sont des coopératives
(Coopérative atlantique, Banque
populaire, etc.), 11 sont des mutuelles (Mgen,
Macif, etc.), 36 sont des associations (Croix
rouge française, Association des paralysés de
France, etc.) et 8 des fondations. Par rapport
aux autres entreprises, elles sont de plus
petite taille et mieux réparties sur le territoire :
seules 3 d’entre elles appartiennent aux 100
plus importantes entreprises employeuses de
France et uniquement un quart des 100 plus
gros employeurs de l’économie sociale ont
leur siège en Île-de-France.

Activités financières,
éducation, santé et action sociale
mais aussi services aux particuliers

Les salariés de l’économie sociale travaillent
essentiellement dans les activités financières
(coopératives et mutuelles), les services aux
particuliers et l’éducation, la santé, et l’action
sociale (associations pour l’essentiel). La
contribution de l’économie sociale à chacun
de ces secteurs est respectivement de 29 %,
10 % et 25 % de la masse salariale nationale.
L’économie sociale est aussi présente, mais
dans une moindre mesure, dans les industries
agroalimentaires et les services aux entreprises
(tableaux 2 et 3).

Principaux employeurs :
les associations

Avec 1,7 million de salariés, les associations
sont le principal employeur de ce secteur. Les
trois quarts des salariés de l’économie sociale
travaillent au sein d’associations, pour un total
de 7,6 % de l’emploi salarié total (privé et
public). Les salaires y sont en moyenne plus
faibles puisqu’ils ne représentent que 5,7 % de
la masse salariale totale (graphique 1).

173 000 associations emploient au moins
un salarié dans le secteur de l’économie
sociale en 2006. Les associations ont
recours à un grand nombre de postes
occupés sur de très courtes périodes ou
pour un nombre d’heures peu important :
dans les associations, un poste sur trois
n’est pas un poste principal, contre un sur
cinq dans l’ensemble de l’économie. Il est
difficile de dénombrer les associations actives
en France. En effet, une association
n’a aucune obligation de déclarer sa cessation
d’activité et seul l’emploi d’au moins
un salarié sur la période témoigne que l’association
est réellement active.
Leurs champs d’intervention sont principalement
l’action sociale (45 % des emplois),
l’éducation (20 %), la santé (8 %), le sport
(4 %) et la culture (3 %) (graphique 2).
Au sein des associations, ce sont plus de
120 000 salariés qui oeuvrent pour l’aide
à domicile, 130 000 pour l’aide par le travail, et 150 000 pour l’accueil des personnes
handicapées (tableau 4). Ces
chiffres ne tiennent pas compte des
bénévoles qui accompagnent ces associations
dans leurs missions.

Des emplois essentiellement
féminins et à temps partiel

L’économie sociale est un secteur très
féminisé : 70 % des emplois sont occupés
par des femmes dans les mutuelles,
les associations et les fondations,
contre 45 %dans le reste de l’économie
(graphique 3). L’emploi à temps partiel
y est plus développé qu’ailleurs : en
« équivalent temps plein » (définitions)
ce secteur ne concentre que 9,1 % des
emplois (alors qu’il représente 9,8 % de
l’emploi salarié). Cela contribue à expliquer
l’écart entre le poids de ce secteur
en effectif salarié et sa part dans la
masse salariale nationale.

Les ouvriers sont assez peu présents
dans l’économie sociale, en dehors
des coopératives qui emploient 21 %
d’ouvriers, contre 27 % en moyenne
nationale (tableau 5). Les mutuelles
comme les associations font davantage
appel à des employés (45 % et
39 %, contre 32 % en moyenne nationale)
et à des professions intermédiaires
(34 % et 32 %, contre 23 % en
moyenne nationale). La nature des
emplois est liée aux champs mêmes
d’intervention de l’économie sociale,
concentrés dans les activités financières,
les services aux particuliers et l’éducation,
la santé, et l’action sociale.

Une forte implantation
des emplois à l’Ouest

Bien que l’économie sociale soit composée
de structures réparties sur l’ensemble
du territoire, l’implantation de
ses emplois est plus marquée dans
l’Ouest de la France. Ces régions ont
comme point commun une surreprésentation
des activités coopératives et
associatives. En Poitou-Charentes,
l’activité mutualiste est particulièrement
importante. À l’inverse, l’Île-de-France
et la Corse ont une faible part de leur
économie orientée vers ce secteur : en
Île-de-France, l’activité économique est
essentiellement tournée vers les activités
financières et les services aux
entreprises ; en Corse, l’activité associative
est relativement faible, la part de
l’économie sociale dans l’effectif salarié
est de 6,6 % (carte A).

Cet ancrage territorial, plus marqué
pour le secteur de l’économie sociale
que pour d’autres activités, est souvent
lié à la petite taille de ses entreprises.
Leur centre de décision est donc le
plus souvent local. Leur mode de gouvernance
(un homme, une voix)
implique que le processus de décision
reste largement ancré à l’échelon local,
même dans les grandes structures
comme les mutuelles. Enfin, l’économie
sociale a un impact positif sur
l’économie locale, avec le développement
des services de proximité,
notamment dans les secteurs du social
et de la santé.

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Posté le mercredi 11 février 2009
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