Interview de Jean-Luc Malyszka, gérant de la Scop Elorn Plomberie Chauffage


Epc, une coopérative ouvrière sur le pays de Brest.

Interview de Jean-Luc Malyszka, gérant de la Scop Elorn Plomberie Chauffage. (Reportage vidéo)

Quel est le parcours professionnel qui vous a mené à ce poste ?

Cela fait maintenant 33 ans que je travaille à Elorn Plomberie Chauffage. Titulaire d’un BEP électronique, j’ai suivi un parcours d’intérim dans ce domaine avant d’intégrer EPC. Suite à la rencontre de l’ancien dirigeant de la société j’ai découvert le principe de la coopérative, ce qui m’a plu tout de suite. J’étais au chômage à cette période et l’on m’a proposé d’intégrer cette jeune entreprise de 5 ou 6 compagnons, en tant qu’apprentis chauffagiste. L’idée initiale du gérant était je pense que je passe progressivement des chantiers au bureau d’étude, ce que j’ai fais par la suite avant de devenir moi même gérant de l’entreprise.

En quoi consiste « l’esprit coopératif », et en quoi vous intéresse t-il ?

Quand j’ai commencé mon activité dans la SCOP, j’étais très intéressé par le coté « petite structure » où il y a avait plus de contacts entre les ouvriers que dans les grandes entreprises. Ainsi qu’une certaine façon de s’épauler les uns les autres, la notion de rentabilité n’étant pas le seul critère dans les relations entre salariés.

Pour illustrer les choses, quand j’ai commencé en coopérative je jouais au rugby, un sport ou tout le monde compte : les bons, moins bons, petits, grands.... et où le groupe avance sur un effort commun. La coopérative présentait pour moi une certaine similitude avec cette manière de voir les choses.

Est-ce que cela à évolué au fil des ans ?

EPC compte actuellement 26 salariés, dont 25 sociétaires. Ce n’est forcément plus la même société qu’au démarrage du projet. Après une quinzaine d’années d’existence EPC a commencé à dégager un bénéfice suffisant pour pouvoir investir de manière significative dans des locaux, du matériel et pour améliorer les conditions de travail des professionnels.
Cela à permit d’auto-financer le capital de la société, simplifiant d’autant l’entrée des jeunes dans l’entreprise, ce qui est important et n’était pas le cas au début.

Par contre, plus nous sommes nombreux, plus il y a le risque d’avoir un grand nombre de perceptions différentes sur l’évolution de l’entreprise.

Justement, comment se perpétuent les valeurs de la SCOP au sein de l’entreprise ?

Il faut préciser que la définition « d’esprit coopératif » dépend un peu de chacun. Mais le sentiment de possession de l’outil de production par les salariés reste un élément important de cohésion je pense. Au delà de la répartition des dividendes...

Un autre aspect que nous voulons faire perdurer, est la prise en compte que les capacités de chaque individu évoluent au cours de la vie. La notion d’efficacité et de rendement à un moment donné n’est pas le seul critère pour « garder » les gens.

Nous essayons aussi de maintenir un certain niveau d’avantages sociaux tels que les tickets restaurants, la mutuelle, les véhicules disponibles aux ouvriers pour rentrer chez eux. Je pense que nous sommes plutôt dans le « haut du panier » sur ces questions et c’est en tout cas une volonté sur le plan social.

Qui fait partie du conseil d’Administration et quels sont ses attributions ?

Un principe très important est que nos statuts garantissent certaines règles fondamentales. Notamment, celle qui impose « un homme - une voix », indépendamment des parts de chacun dans le capital et qui permet aux sociétaires délirent certains d’entre eux au Conseil d’Administration. Celui-ci décide des grandes orientations de la société, notamment la politique d’investissement mais il intervient aussi sur le recrutement des salariés.
Chaque année le Conseil est réélu par tiers et le poste que j’occupe est sortant tous les 3 ans.

En quoi consiste les « mâtinés SCOP », que vous organisez régulièrement ?

Il y a des disparités de rythmes entre les salariés du fait que certains travaillent au bureau d’étude et d’autres sur les chantiers. Pour permettre au gens se rencontrer et de renforcer le sentiment de travailler dans le même milieu, nous organisons un samedi par mois une demi journée ou nous rangeons l’atelier, ce qui se prolonge par un pot de l’amitié. Il n’y a aucune obligation à y participer, vient qui le souhaite. Le but est de créer des moments de convivialités et d’échanges auxquels participent même certains « anciens » !

Quels liens ont les SCOP entre elles. Peut-on parler de coopération entre les entreprises au sein d’un réseau ?

Dans le domaine du bâtiment il y a 5 entités de réseau : unions régionales et fédérales (cadre général et BTP), et sociales auxquelles nous sommes affiliées.

Pour ce qui est du niveau local, autour de Brest, les SCOP du bâtiment se connaissent, et se côtoient car nous vivons dans un même milieu professionnel. Sans forcément avoir de contact commercial par ailleurs il y a des liens qui se sont crées...

Interview réalisée par l’association Tiriad

Reportage vidéo

Réalisation Canal Ti Zef

Ce portrait d’acteur de l’économie sociale et solidaire a été réalisé avec le soutien de Brest métropole océane
Posté le mardi 3 avril 2012
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