Interview Cartomobilité : Jessica Pin


Interview de Jessica Pin, directrice de la Cantine Brestoise.

En quoi consiste la Cantine numérique qui est partenaire sur le projet Cartomobilité ?

La cantine, c’est ce qu’on appelle un Tiers-Lieu, une troisième place. C’est un lieu qui se situe à la frontière entre le domicile et le lieu de travail.

Donc on fait de l’accueil de personnes indépendantes, de travailleurs mobiles, détachés, porteurs de projets, personnes en recherche d’activité. On leur fournit un espace de travail, une connexion internet, un réseau social, du café !

Et puis il y a la possibilité pour eux d’emprunter des salles (une salle informatique et une salle de réunion) On a souvent tendance à dire que la Cantine, c’est le lieu qui fait lien. Parce qu’on se retrouve dans un milieu professionnel, on rencontre des gens qui ne sont pas forcément dans le même secteur d’activité, et il y a toujours beaucoup d’échanges. Ça crée de l’entraide entre les co-workers "

Est-ce que tu pourrais m’expliquer comment est né le projet Cartomobilité ?

L’idée du projet m’est venue suite à l’annonce du report potentiel par le gouvernement de la date de mise en application de la loi sur l’accessibilité dans les lieux publics. Normalement prévue pour 2015, je ne trouvais pas normal de devoir encore attendre jusqu’en 2017.

C’est ça qui a motivé le projet. C’était de faire prendre conscience à l’ensemble de la population et notamment aux valides à quel point il peut être difficile de se déplacer en ville lorsqu’on est porteur de handicap ou quand on se déplace à vélo, etc.. Et pour moi, OpenStreetMap et le numérique pouvaient nous faire prendre conscience de cela.

De mon côté, je n’avais jamais travaillé avec OpenStreetMap, donc j’en avais parlé à Louis-Julien de la Bouëre (association Tiriad) mais aussi contributeur OpenStreetMap, qui me disait qu’il y avait des projets déjà existants sur cette thématique.

Mais c’est vrai qu’en général, soit les projets ne sont pas sur un fond de carte OpenStreetMap mais en lien avec la population, soit en lien avec la population mais pas sur un fond de carte OpenStreetMap. Donc on s’est dit qu’il fallait qu’on regroupe tout.

Est ce que tu peux me parler d’OpenStreetMap ? Pourquoi avoir fait le choix de cet outil ?

OpenStreetMap, c’est un projet qui a pour but de constituer une carte du monde. Mais contrairement à Google Map, c’est un projet collaboratif, citoyen, qui permet de rentrer des données librement et qui soient réutilisables par tout le monde. Alors pourquoi avoir fait le choix de cet outil ? Eh bien tout simplement pour cette raison ! L’idée, pour le projet Cartomobilité, c’est de rentrer de la donnée et de pouvoir s’en resservir pour développer des applications qui permettent de se déplacer sur son territoire, selon des critères d’accessibilité. C’est vraiment ce qu’il nous faut pour ce type de projet.

Tout à l’heure tu évoquais le fait de monter un projet qui soit en lien avec la population, collaboratif, tu peux m’en dire un peu plus ?

Le fait d’être en lien avec la population, les acteurs locaux permet aussi pour la suite d’appréhender la façon dont chaque personne (valide ou non valide) utilise le numérique, et de découvrir les outils de cheminements déjà existant. L’idée étant d’adapter l’application aux différentes formes de handicaps.

Et puis c’est dans les gènes de la Cantine de monter des projets qui associent et qui concernent les citoyens. Il faut les intéresser, leur montrer que ça existe. En l’occurrence tout le monde consulte google map mais le fond de carte OpenStreetMap est nettement plus complet.

Le projet Cartomobilité, c’est purement et simplement de l’information numérique à des gens qui ne sont pas forcément dedans.

Et c’est vrai qu’à la Cantine j’aime bien monter des projets qui vont un peu plus loin que juste monter un événementiel.. C’est du rôle de la Cantine de rebondir sur certains sujets, sur certains enjeux.

Pour le moment, qui sont les partenaires ? Que ce soit des partenaires locaux, financiers..

Pour ce qui est des partenaires locaux, tout d’abord Brest Métropole Océane, avec notamment la commission accessibilité. Et puis au niveau des associations, on est pour le moment en simple prise de contact mais rien n’est encore officialisé. L’idée, c’est d’être en partenariat avec le plus possible d’associations diverses et variées (que ce soit les personnes retraitées, les associations liées à la mobilité douce, les associations liées au handicap, etc..). Pour l’organisation, il y a la Cantine et Tiriad. Et pour ce qui concerne les partenaires financiers, il y a pour le moment la Fondation de France, Brest Métropole et la région Bretagne.

Cet article est repris du site http://www.tiriad.org/spip/spip.php?article1020
Posté le lundi 22 décembre 2014
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