Hervé Kempf : « vers une société moins individualiste et plus coopérative »


Ils ont dits :

Un article repris de Nord Social Info

- Hervé Kempf : « vers une société moins individualiste et plus coopérative »
Hervé Kempf, journaliste spécialiste de l’environnement, chroniqueur au Monde, dans un entretien accordé au numéro spécial publié par Alternatives économiques pour ses 30 ans : « Dans le scénario optimiste, l’économie ne sera plus focalisée sur la consommation, mais sur le bien être. Les besoins seront redéfinis par la nécessaire sobriété matérielle et énergétique, tandis que les biens relationnels se développeront : il s’agit de l’éducation, de la culture, de la santé, ainsi que d’une agriculture, des transports et d’un système énergétique pensés écologiquement. Dans cette logique, on privilégiera un moindre impact écologique et la création d’emplois. La société, moins individualiste et plus coopérative, s’intéressera au lien social plutôt qu’à l’accumulation des objets. »

- Bernard Maris : « si les gens se battent tellement contre la réforme des retraites, c’est qu’ils fuient le travail. »

Universitaire et chroniqueur économique à France Inter, Bernard Maris avait été appelé en tant que grand témoin à commenter à chaud les Etats Généraux de l’économie sociale et solidaire. Il affirma notamment : « Les entrepreneurs d’avenir, ce sont les entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire. Les entrepreneurs ringards, ce sont les autres. »

« La richesse, c’est créer du lien social, de la solidarité, de la fraternité. Cette richesse là, c’est celle de l’économie sociale et solidaire, c’est la richesse à créer. Celle à détruire, c’est l’autre ». Autre point de vue du journaliste engagé : « Il faut renverser les choses, estime-t-il. L’économie sociale et solidaire est celle qui voit les choses que les autres économique, capitaliste ou d’Etat ne voient pas, ou refusent de voir. L’efficacité est du côté de l’économie sociale et solidaire, car elle est capable d’allier l’économie et le sociale. »

Sur un point chaud de l’actualité, Bernard Maris estime : « que si les gens se battent tellement contre la réforme de la retraite, c’est qu’ils fuient le travail. Seule, l’économie sociale et solidaire peut proposer un autre rapport au travail. »

- Mariana Otero : "Dès qu’il y a du collectif possible, les gens sont plus heureux"

Réalistarice du documentaire "Entre nos mains", Mariana Otero, y conte la transformation des ouvrières d’un entreprise textile menacée de fermeture qui tentent de sauver leur emploi en essayant de créer un Scop. Dans son film, Mariana Otero met en évidence les réticences, les difficultés mais aussi les enthousiames et les engagements des ouvrières dans ce processus devant conduire à une Scop. Le film rélève la forme d’émancipation que constitue l’action collective. Dans une interview donnée à Politis, la réalisatrice note : "Les gens ne sont plus portés par un idéal qui serait commun. L’idée du grand soir a disparu. Mais dès qu’il y a du collectif possible, ils sont plus heureux. ...Simplement, l’occasion de former un collectif ne se présente pas forcèment. Et tout ce qui est collectif au niveau institutionnel se défait. Je vois bien pourtant comment les gens aiment participer aux débats après les scéances de cinéma - et cela n’est qu’un exemple. Dès que les gens peuvent être ensemble, quelque chose se passe."

- Juan Somavía : « mettre l’homme au coeur de nos économies »

A l’occasion de la conférence sur la croissance et l’emploi qui s’est tenue à Oslo, coprésidée par Dominique Strauss-Kahn, le Directeur du Fonds monétaire international (FMI) et Juan Somavía, le Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), ce dernier a déclaré au journal Le Monde : " Il faut faire figurer l’emploi décent parmi les objectifs macroéconomique au même titre que la maîtrise de l’inflation ou de l’équilibre des comptes publics. Et non le considérer comme une résultante des politiques macroéconomique. Nous voulons changer les priorités et mettre l’homme au coeur de nos économies".

- Claude Debons : "il faut élargir l’intervention des citoyens"

Claude Debons, anciens responsables des cheminots CFDT durant le conflit de 1995, membre du Parti de Gauche, l’un des initiateurs de la nouvelle revue ’Les Temps nouveaux" : « Il faut élargir l’intervention des citoyens dans différents domaines à travers la démocratie économique, l’appropriation sociale, le développement de l’économie sociale et solidsaire. Des expériences comme les Amap ont une portée subversive importante. Mais ces expériences, pour atteindre le plénitude de leur efficacité, ont besoin de transcriptions institutionnelles relatives. C’est une dialectique qui serait productrice de dynamique. » Propos tenus dans un interview accordé à Politis.

- Alain Touraine : "contre un social en déliquescence, jouer l’artillerie lourde, c’est-à-dire l’universel : les droits humains"

Dans un entretien accordé au journal Le Monde en date du dimanche 5 septembre, le sociologue Alain Touraine estime que : « Vous ne pouvez accrocher que si vous opposez à un social en déliquescence les absolus dont nous avons fait le meilleur usage durant des siècles : les droits de l’homme, la dignité humaine. Je ne dis pas du tout que ça remplace la politique. Vous ne pouvez pas reconstruire le monde autrement. »

« On ne peut pas défendre des intérêts particuliers ou partiels, il faut jouer l’artillerie lourde, c’est-à-dire l’universel : les droits humains. Que vous vous baladiez sur l’Altiplano, les contreforts himalayens ou une route africaine, les gens disent la même chose : « je veux être traité comme un être humain, je ne veux pas être humilié, je veux être respecté. »

Posté le mercredi 20 octobre 2010
licence de l’article : Contacter l’auteur