Favoriser la formation, valoriser l’expérience et réduire la pénibilité en réponse à l’allongement de la vie au travail


L’enquête de l’Anact sur l’allongement de la vie au travail fournit de sérieuses pistes de réflexion
Favoriser la formation, valoriser l'expérience et réduire la pénibilité en réponse à l'allongement de la vie au travail

Un article repris du Cides

16/06/2011

Contexte oblige, cette année, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) s’est penchée sur la perception de l’allongement de la vie professionnelle. Réalisé à l’occasion de la huitième édition de la semaine pour la qualité de vie au travail organisée par l’agence, qui s’est déroulée du 30 mai au 10 juin, ce sondage mené avec l’Institut TNS Sofres auprès de 800 salariés aborde plusieurs grands points. Un certain nombre d’entre eux concerne notamment – et ils sont intéressants au premier chef - les questions de santé, d’implication dans le travail, mais aussi les mesures prioritaires qui pourraient favoriser un allongement de qualité de la vie au travail. Les réponses autour de ce dernier éclairage pourraient d’ailleurs constituer une bonne partie d’une feuille de route pour l’amélioration des conditions d’emploi des seniors…

Un regard opposé selon les catégories professionnelles et l’âge
A la question générale « au regard du travail que vous faites aujourd’hui, comment envisagez-vous l’allongement de la vie professionnelle ? », un Français sur deux répond qu’il conçoit de manière positive l’allongement de la vie professionnelle, 50 % l’envisagent sereinement et 49 % en ont une perception négative. Parmi les personnes qui ont un regard positif, on compte les jeunes (77 %) et les cadres (59 %). En revanche, le pessimisme prévaut chez les salariés les plus proches de la retraite et ceux du public (58 % pour chacune des catégories). Les raisons ? Manque de temps disponible pour réaliser d’autres projets, et également les conditions de travail (53 %, mais 62 % chez les ouvriers et 64 % pour les salariés intermédiaires).

La santé suscite de l’inquiétude

55 % des personnes interrogées manifestent de l’inquiétude sur les conséquences de leur emploi sur sa santé à long terme. Avec les risques physiques (66 %) et ceux liés au stress (62 %). A l’inverse, les salariés qui ne se préoccupent pas pour leur santé mettent en avant comme éléments de longévité : une charge de travail supportable (89 %), un niveau de stress acceptable (86 %), une bonne hygiène de vie (86%) et un travail varié et enrichissant (86 %).

Développement des compétences et implication : un optimisme mesuré prévaut

Développer leurs compétences et s’impliquer dans leur vie professionnelle jusqu’à la fin de leur vie professionnelle est possible, estiment 57 % des personnes interrogées, tandis que 40 % pensent le contraire. Et sans surprise, on observera que le développement des compétences est le corolaire de l’implication : 81 % de ceux qui déclarent pouvoir continuer à développer leurs compétences pensent qu’ils continueront à se sentir impliqués ; et 75 % de ceux qui pronostiquent que leurs compétences stagneront, considèrent que leur implication faiblira.

Les mesures plébiscitées pour améliorer les conditions de l’allongement de la vie au travail

Pour favoriser l’allongement de la vie professionnelle, parmi les mesures proposées, les personnes interrogées ont préconisé la formation régulière des salariés (61 %), la valorisation de l’expérience des plus anciens (57 %), la réduction des situations pénibles et/ou routinières, 53 %), la mise en place d’actions concrètes de prévention des risques professionnels (53 %), l’accompagnement des salariés lors de leurs changements organisationnels ou techniques importants (52 %) et favoriser le travail collectif entre les générations et l’entraide au sein des équipes (51 %). On notera en revanche que l’aménagement du temps de travail en fin de carrière, notamment pour prendre en compte l’équilibre des temps travail et hors travail ne semble pas prioritaire (45 %) et le recrutement des seniors encore moins (18 %).

Baromètre Anact sur la qualité de vie au travail : la rémunération vient en tête

Si du côté de l’allongement de la vie professionnelle, les conditions de travail sont fondamentales au regard des salariés, le baromètre annuel de l’Anact sur la qualité de vie au travail affiche des résultats opposés et vient confirmer et renforcer les résultats des années précédentes. La motivation principale dans le travail est la rémunération, elle prend largement le pas sur les conditions de travail avec un écart de 8 points entre ces deux éléments, il était de quatre en 2010…. Et ce surtout chez les hommes (55 %), les jeunes (60 %) et les ouvriers (59 %). Toujours dans les résultats révélés par ce baromètre, parmi les motivations, on observera cette année, indique l’Anact une hausse sensible accordée à la souplesse des horaires (18 % soit plus de cinq points qu’en 2010. Un élément important chez les précaires (CDD (28 %, temps partiel (24 %) et ceux ayant trois à cinq ans d’ancienneté.

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Posté le mercredi 22 juin 2011
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