Economie sociale et solidaire : le point de vue de Jean-Pierre Kerléo, ancien responsable du secteur de l’insertion économique à la communauté urbaine de Brest


Une interview reprise du magazine hebdomadaire Brest-Ouvert des Vert-e-s du pays de Brest

Un magazine sous licence Creative Commons

Dans des domaines aussi variés que les services aux personnes, l’environnement, le conseil, les coopératives de production ou le commerce équitable, l’économie sociale et solidaire est un secteur en plein développement particulièrement en Bretagne.

Les initiatives de ce secteur sont non seulement créatrices d’emploi mais aussi productrices de citoyenneté, de lien social, de solidarité, avec le souci de l’épanouissement des salariés d’une part et de l’utilité sociale et environnementale d’autre part.

Cette interview deJean-Pierre Kerléo contribue à une série de points de vue qui mettent en valeur l’Economie sociale et solidaire au pays de Brest e ses acteur-ice-s

Ces interviews et de nombreuses informations sont référencés sur le wiki, espace d’écriture collaborative DD-Brest.net


Brest-ouvert
 : Vous avez été chargé de mission autour de l’insertion économique, comment voyez-vous ce nouveau secteur de l’Economie Sociale et Solidaire ?

J’ai effectivement été responsable du secteur de l’insertion économique à la communauté urbaine de Brest à partir de 1990, ce secteur était alors très embryonnaire. Pour le développer la collectivité brestoise, s’appuyant sur l’Europe (fonds social européen), l’Etat et plus tard le département, a dynamisé les supports de l’économie socilale et solidaire (notamment associations et aussi coopératives). Cela a permis de créer de nombreux outils d’insertion qui furent progressivement mis au service du pays de Brest. A noter la création de plusieurs associations à vocation de service public en partenariat avec des collectivités territoriales ( P.L.I.E, En route pour l’emploi...) mais aussi des associations crées par des partenaires du monde économique ( groupement employeurs pour l’insertion et la qualification ).

Avec votre connaissance des acteurs locaux, quels sont, d’après vous, les axes à développer ?

Certainement celui du recyclage des déchets sous la forme de véritables recycleries (cf nord pas de calais notamment). Les effets à attendre sont multiples (environnement, nouveaux emplois et nouveaux métiers, supports économiques divers, support pédagogique en direction des enfants).

Et toujours l’insertion économique par le contrat de travail, car il faut créer le maximum de passerelles susceptibles de dynamiser l’insertion économique du plus grand nombre ( le développement de supports en matière de mobilité sont particulièrement prometteurs).

Il faut enfin instaurer et développer un véritable droit à l’initiative économique par le développement le micro-crédit et des prêts de matériel notamment pour les exclus du système bancaire. Les coopératives d’activité et d’emplois méritent aussi d’être développées.

Quelles sont, d’après vous les attentes en terme de soutien d’accompagnement des acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire ?

S’agissant des acteurs existants, je ne sais s’il s’agit d’attentes, mais il serait souhaitable de créer des espaces de coopération propices à l’innovation et l’émergence de nouvelles initiatives susceptibles de répondre aux besoins des brestois, mais aussi plus largement aux habitants du pays de Brest.
S’agissant des nouveaux projets, il est indispensable qu’ils bénéficient d’une ingénierie d’accompagnement garant de leur viabilité économique.

S’il y avait une ou deux actions à développer en priorité, quelles seraient-elles ?

En premier lieu, le soutien aux initiatives ( individuelles et collectives) avec des mesures particulières pour les "quartiers" afin de favoriser les dynamiques de territoire.

Afin de faciliter le financement des projets il faudrait favoriser des initiatives de partenariat associant les collectivités territoriales et les partenaires financiers du monde de l’économie socale et solidaire (banques , mutuelles et peut-être fondations diverses).

En guise de conclusion, je dirais que j’ai bénéficié d’un poste où j’ai pu (en y étant associé) apprécier la capacité créatrice de nombreux brestois. Ce qui est encore plus remarquable, c’est la capacité collective à mettre en oeuvre des projets de qualité au service du plus grand nombre et tout particulièrement des plus humbles.

Je reste persuadé qu’il reste encore beaucoup d’espaces à défricher et je suis particulièrement confiant dans la capacité des brestois à créer ( mais aussi et surtout à créer ensemble).

Posté le dimanche 28 septembre 2008
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