Economie sociale et solidaire : le point de vue de Yannik Bigouin, délégué finistérien de la CRES


Yannick Bigouin est chargé de mission de la CRESS, Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire, responsable, depuis 15 mois, de l’antenne départementale Finistère basée à Brest.

Il était auparavant directeur d’une association gérant l’éco-musée de Plouguerneau.

Une interview reprise du magazine hebdomadaire Brest-Ouvert des Vert-e-s du pays de Brest

Un magazine sous licence Creative Commons

Dans des domaines aussi variés que les services aux personnes, l’environnement, le conseil, les coopératives de production ou le commerce équitable, l’économie sociale et solidaire est un secteur en plein développement particulièrement en Bretagne. Les initiatives de ce secteur sont non seulement créatrices d’emploi mais aussi productrices de citoyenneté, de lien social, de solidarité, avec le souci de l’épanouissement des salariés d’une part et de l’utilité sociale et environnementale d’autre part.

Les Verts du pays de Brest entament avec cette interview de Yannick Bigouin, délégué finistérien de la CRES de Bretagne, une série de points de vue destinée à mettre en valeur et promouvoir la place de l’Economie sociale et solidaire au pays de Brest.

Ces interviews et de nombreuses informations sont référencés sur le wiki, espace d’écriture collaborative DD-Brest.net

- Que représente pour vous l’Economie Sociale et Solidaire et comment voyez-vous son développement ?

L’Economie Sociale et Solidaire (E.S.S.) c’est l’économie au service de l’Homme.

A la CRES (Chambre régionale d’Economie Sociale) on résume l’E.S.S. en 3 mots : ensemble, entreprendre autrement.

Qu’on peut expliciter de la façon suivante : l’Homme est au cœur de l’économie et en constitue sa finalité, l’adhésion y est libre et volontaire, la principe de non lucrativité en est la règle (les excédents sont réinvestis dans l’objet social, le capital n’est pas rémunéré et les fonds propres ne sont pas partageables), il y a indépendance vis à vis des pouvoirs publics et la gestion doit être démocratique (élection des dirigeants, instances collectives de décisions…). Son histoire est particulièrement ancienne en Bretagne et c’est aujourd’hui une manière d’entreprendre moderne posant dès le début des valeurs de coopération.

- Vous êtes chargé de mission pour le Finistère de la CRES, pouvez-vous présenter votre rôle et celui de la CRES en Bretagne ?

Avec l’appui de Brest Métropole Océane et du Conseil Général du Finistère, la Chambre Régionale de l’Economie Sociale possède depuis Octobre 2006 une antenne pour le Finistère basé à Brest. Cette antenne est l’organisme représentatif des acteurs de l’E.S.S. qui regroupe et représente les mutuelles, coopératives, et associations se reconnaissant des valeurs de l’économie sociale.

A Brest la CRES promeut l’E.S.S. et représente ce mouvement. Elle observe son évolution et permet de croiser les familles pour qu’elles puissent travailler ensemble. Elle favorise la coopération et le développement des projets transversaux et favorise l’émergement d’innovations sociale … C’est un lieu qui permet aux acteurs de l’E.S.S. de se former, de s’associer, de se développer, de se structurer.

De fait, l’antenne de la CRES assure un rôle de chambre consulaire. Elle regroupe d’ailleurs la majorité des têtes de réseaux associatives, mutualistes ou coopératives au niveau régional.

- Où en est-on de l’ l’Economie Sociale et Solidaire au Pays de Brest, Quels sont les projets en cours ?

Les projets sont variés. Le plus avancé et le plus fort symboliquement est sans doute le projet de pôle de développement entre les différentes familles de l’E.S.S. L’idée est d’avoir un lieu physique qui permettrait de mutualiser moyens et réseaux entre acteurs de l’E.S.S. portant les même valeurs. Cela permettrait de rendre visible l’E.S.S., de mieux se structurer entre professionnels, de valoriser les innovations… Ce projet, qui rentre dans un plan de développement porté par la région est bien avancé à Morlaix et à Brest.

Suivant la demande des acteurs les projets sont différents : cela peut être travail coopératif pour réfléchir à l’évolution du statut des crèches associatives du pays de Brest, l’affichage commun autour d’une marque des associations de service à la personne, des échanges entre les porteurs de projets d’habitats groupés, une collaboration afin de mutualiser les pratiques de développement durable dans les fédérations d’association d’éducation populaire, des conférences débats pour vulgariser l’E.S.S….

- Ce projet de « pôle de ressources », Maison de l’ l’Economie Sociale et Solidaire, pouvez-vous nous en définir le objectifs ?

C’est un projet tout à faire innovant. Et le besoin est là. D’une part il y a des structures de l’E.S.S. qui souhaitent sortir de leurs domaines afin de croiser leurs expertises avec d’autres et mutualiser moyens, réseaux, compétences, comme la boutique de commerce équitable Ti ar Bed, la SCOP de communication Pop Korn ou l’agence de l’énergie Energ’ence mais aussi nombre d’autres associations, mutuelles et coopératives. De l’autre il y a le souhait des structures de l’E.S.S. du pays de Brest de toucher le grand public afin de montrer leur différence. Aussi, le projet du pôle se divise en deux : un espace professionnel et un espace grand public. Un lieu de stratégie du développement de l’E.S.S. entre professionnels et un lieu de vulgarisation et de pédagogie des valeurs de l’E.S.S. Tout cela avec différents outils possibles à mettre en œuvre peu à peu : école de projets de l’E.S.S., centre documentaire rassemblant ce qui existe déjà mais éparpillé sur la ville de Brest, café citoyen, restaurant bio, espace de distribution de paniers de légumes bio…

- le site de la CRES de Bretagne
Posté le dimanche 28 septembre 2008
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