Communiqué de Presse du CEGES

Economie Sociale et crise financière

Conférence européenne de l’Economie sociale


La situation de crise d’une exceptionnelle gravité, ses répercussions économiques et sociales auxquelles nul n’échappera, « redonnent une force particulière à tous ceux qui proposent et défendent une façon de concevoir l’activité économique sur la base de valeurs qui ne sont pas la seule maximisation des profits et la loi des marchés » a déclaré Jean-Claude Detilleux, Président du CEGES, lors de la Conférence européenne de l’Economie sociale.(Strasbourg - 21 et 28 novembre 2008).

Un article repris du site Rhônes-Alpes Solidaires, magazine de l’économie sociale et solidaire dans le Rhône

Les dirigeants des entreprises de l’économie sociale tentent de faire valoir, depuis plus d’un siècle la pertinence des principes qui donnent la primauté à la satisfaction des besoins du plus grand nombre, à l’utilité sociale, à l’intérêt général, à la juste répartition des richesses et des gains des activités produites, à la vision d’un développement de long terme, à la participation de tous et à la démocratie économique. S’écarter de ces principes et céder à la fascination des marchés financiers entraîne des dérives, que nous constatons aujourd’hui. Or, c’est bien la fidélité aux principes incarnés dans des statuts : mutualistes, coopératifs, associatifs, fondations, qui ont permis non seulement un développement de nos entreprises sur le territoire national, mais sont une réponse significative à la difficile question du développement dans les pays émergents. Les pouvoirs publics réticents, voire opposés à reconnaître les entreprises de l’économie sociale comme des acteurs économiques à part entière se trouvent ainsi confrontés aux dérives du système auquel ils ont donné leur préférence. Après les résultats obtenus aux élections prud’homales par les organisations d’employeurs de l’Economie Sociale, 20% des suffrages, les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer les entreprises et organisations de l’ES, ils doivent les reconnaître comme des partenaires sociaux, leur donner leur place dans les instances de concertation et de négociation prévues par la loi, et dans les instances de régulation de la crise.

Face aux excès de la financiarisation de l’économie et ses conséquences dramatiques, l’économie sociale propose des modèles crédibles, efficaces et offre des perspectives pour un développement équilibré et durable, s’appuyant sur des stratégies permettant d’accéder à un mieux être pour tous. Ses organisations et ses entreprises, spécialement associatives, contribuent aux politiques de cohésion sociale et de développement régional impulsées dans le cadre européen de la stratégie de Lisbonne.

Les dirigeants des entreprises de l’économie sociale considèrent que le retour à des interventions publiques ciblées et l’amélioration de la régulation (qu’ils ont toujours considéré comme nécessaire), ne doit pas se faire au détriment des règles de fonctionnement qui prévalent dans les organismes, mutuelles, coopératives, associations ou fondations dans lesquels les utilisateurs ou producteurs de services sont en même temps les acteurs/sociétaires et en assurent, de ce fait, le contrôle.

La mondialisation sur base de modèle unique, de non transparence des décisions économiques et financières, de captation des pouvoirs par un nombre très restreint de décideurs doit laisser la place à une mondialisation ouverte, plurielle, transparente et instaurant de vrais principes de démocratie économique.

Contact presse : Marie-Hélène Gillig - CEGES Tél : 01 42 93 56 08 - e-mail : contact@ceges.org

Posté le lundi 23 février 2009
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