ESS : une étude de l’Observatoire sur les formations pointe des besoins de cursus "métiers"


L’Observatoire national de l’économie sociale et solidaire-CNCRES a récemment livré un intéressant état des lieux des cursus transversaux de formation à l’ESS permettant l’obtention d’un diplôme. Avec à l’appui : un recensement, des données sur les niveaux et les contenus ainsi que des analyses, nourries par des enquêtes auprès d’étudiants issus de seize de ces formations, sur leur insertion professionnelle et les emplois qu’ils occupent. De cette étude, l’Observatoire tire un certain nombre de préconisations
ESS : une étude de l'Observatoire sur les formations pointe des besoins de cursus "métiers"

Un article repris du http://cides.chorum.fr/

Une majorité de formations élevées et professionnelles

L’étude de l’observatoire a recensé 72 formations. Elles sont pour 61 % d’entre elles de niveau Bac + 5 avec à la fois par des enseignements universitaires et professionnels et des périodes d’alternance ou stages et les formations à des profils de gestionnaires prévalent.

Elles sont à 80 % proposées par des universités tandis que les écoles représentent 20 %.

Vingt cinq pour cent des cursus ESS universitaires sont rattachés à des UFR de droit, économie et gestion, 25 % à des UFR de sciences humaines et sociales, 10 % à des IUT et 5 % à des filières de sciences politiques. La répartition géographique est équilibrée avec toutefois une offre plus importante en Ile-de-France et Rhône-Alpes.

Les cursus en formation continue prédominent

Presque la moitié (47 %) des répondants de l’échantillon de l’enquête sont en formation continue et toutes les formations sont accessibles en formation continue, alors qu’elles ne sont pas toutes proposées en formation initiale.

Pour quelles raisons les étudiants ont-ils fait le choix de ces cursus ESS ?

Pour certains, il s’agit d’une reconversion professionnelle après 40 ans afin d’avoir un travail qui a du sens, ce phénomène est surtout vrai pour les cadres intermédiaires ; pour d’autres, il s’agit d’être en conformité avec de nouvelles obligations légales, pour d’autres encore, ils ont choisi ces formations pour être mieux adaptés à des évolutions du secteur : marchés publics, appels d’offres, logique de mise en concurrence ;

L’insertion des étudiants après leur formation jugée satisfaisante

Plus de deux répondants sur trois ont un emploi au moment de l’enquête, la moitié d’entre eux ont été embauchés six mois après avoir obtenu leur diplôme et presque 80 % travaillent dans une entreprise de l’ESS dans les trois ans qui suivent leur diplôme.

La satisfaction est variable selon l’ancienneté des diplômes : 73 % des personnes interrogées depuis plus de trois ans indiquent qu’elles sont plutôt d’accord ou tout à fait d’accord pour dire que leur situation professionnelle s’est améliorée, contre 68 % pour celles qui ont obtenu leur diplôme depuis moins de trois ans.

La très grande majorité des répondants travaillent dans des associations et perçoivent leur emploi comme polyvalent.

On notera au passage, que l’étude souligne que les mutuelles embauchent très peu des étudiants issus de ces cursus spécifiques privilégiant davantage des formations sur des métiers ad-hoc formant ensuite leurs salariés à l’ESS.

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Quelques préconisations

Cette étude a permis à l’Observatoire national de l’ESS de mettre au jour plusieurs questions autour notamment de y-a-t-il adéquation entre les formations proposées et les besoins, le contenu des formations est-il adapté, comment améliorer la visibilité ? Et de proposer un certain nombre de préconisations.

Parmi ces dernières, on relèvera qu’en raison de la méconnaissance des professionnels de l’existence de ces formations, il serait opportun de « ré-axer les formations sur les métiers. Ce qui nécessite notamment qu’universités et entreprises définissent ensemble les compétences attendues »  ; qu’en raison de « la grande diversité des métiers, [qu’il faut] prendre en compte dans la formation… la création et l’actualisation d’un référentiel des métiers dominants dans l’ESS , partagé entre syndicats employeurs et salariés, semble une étape nécessaire afin de favoriser l’adéquation entre les besoins sans cesse renouvelés des structures avec les compétences acquises au sein des formations proposées et dédiées à ce secteur ».

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Posté le vendredi 15 juin 2012
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