De la naissance du concept à la création de la première AMACCA
La crise culturelle étant marquée par « un quantitatif marchandisé, vecteur d’inégalité et d’uniformisation » qui écrase « un qualitatif diversifié d’intérêt général » - nous pouvons même remarquer le développement d’une culture toxique, comme il existe une agriculture toxique pour l’être humain - un esprit de réforme devient impératif et la démocratie doit réexaminer ses outils.
L’évolution de la place que tient la culture dans nos sociétés, des politiques publiques en sérieuses difficultés, des conditions de travail des artistes, n’a fait qu’encourager l’entreprise de ce chantier.
Après quelques années d’observation, Olivier LANOË recherche en 2007 à bâtir un dispositif inspiré par l’expérience des AMAP (Citoyen et Agriculture Paysanne) et qui serait transposé dans le champ des politiques culturelles, pour « une culture par tous et pour tous ».
Première Amacca à la Ciota
Le concept est écrit dans ses grandes lignes en 2008 Olivier Lanoë et Laurence Mullenbach choisissent un nom : ce sera AMACCA. Publication d’une description générale du dispositif, en Mai 2008, pour proposer une première approche sur le blog
Juin 2008 : première présentation publique globale de l’AMACCA devant des citoyens de La Ciotat. Ils souhaitent se lancer les premiers dans cette aventure. Il faudra attendre un an pour qu’ils se déclarent officiellement en association auprès de la préfecture. La rédaction de statuts spécifiques est en effet terminée en juin 2009, date de création de la première AMACCA - elle est portée par un Collège solidaire de 11 personnes (aucune n’est issue du milieu culturel - c’est un point caractéristique à souligner).
Les objectifs principaux :
— relier les citoyens aux producteurs d’émotions, de sens, de conscience et de plaisirs que sont les artistes, les chercheurs etc… remettre collectivement la main sur les moyens de compréhension, de perception de soi et du monde, afin de mieux appréhender les enjeux actuels (société, planète etc…).
— faire de la culture un bien commun (et non une marchandise).
— pouvoir s’implanter sur tous types de territoires (urbains, ruraux).
— avoir une capacité à se structurer économiquement, durablement. Le maillage d’un réseau est une composante essentielle du projet. C’est la dynamique sociale, citoyenne, qui décidera de son ampleur.
— associer micro-mécénat et gouvernance citoyenne qui sont au coeur de l’amorçage et du fonctionnement de ce modèle socio-économique.
Olivier Lanoë en devient membre et travaille le projet pilote avec les fondateurs membres du collège solidaire. La première année est essentiellement consacrée aux formalités administratives, à l’écriture d’une charte éthique par de conseil solidaire de l’AMACCA (signée le 19 octobre), à des rencontres avec les acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire de la région, aux premiers contacts avec les collectivités territoriales, à la participation à des forums professionnels, à des colloques, à la requête fiscale afin d’obtenir de la part du fisc une confirmation écrite du bon droit à émettre des reçus fiscaux.
Sensibilisation des territoires pour le développement du réseau
— Le blog AMACCA est de plus en plus visité avec une accélération en janvier 2010, suite à la publication d’un dossier sur le site Rencontres Sociales
— A partir de là, Olivier Lanoë reçoit des emails qui affluent des quatre coins de la France. Le dossier est repris par plusieurs sites alternatifs ou institutionnels, les commentaires ajoutés nourrissent le débat et la visibilité sur la toile. Institutions, responsables associatifs, artistes, étudiants, opérateurs culturels, têtes de réseaux des secteurs de l’ESS et de la culture, ne cessent d’écrire pour en savoir plus.
— Juin 2010, l’AMACCA de La Ciotat vient de recevoir la confirmation écrite des services fiscaux à propos de son droit à émettre des reçus fiscaux. Ainsi l’outil AMACCA est maintenant prêt pour les citoyens de cette ville et de ses environs. Les membres (25 à ce jour) prévoient un évènement culturel pour l’automne. Le micro mécénat est possible dès aujourd’hui.
Un réseau d’AMACCA est sur le point de voir le jour à un niveau national
Depuis janvier 2010, les sollicitations sont nombreuses et il devient nécessaire de rencontrer et d’informer au-delà du blog afin de partager le sens du projet dans le détail de son éthique. Pour la cohérence du réseau, il faut accompagner le mouvement et veiller à la bonne interprétation du projet à son échelle nationale. Evidemment, devant la simultanéité des attentes, il a été impossible de répondre à toutes les invitations. Progressivement chaque région devra être prise en compte.
Des très nombreuses interventions se sont déroulées un peu partout en France. D’autres sont déjà programmées pour la fin de l’année. Voir l’intervention à Brest lors des rendez-vous de l’Economie sociale et solidaire
En création :« module d’intervention sur les territoires »
Pour faciliter la diffusion d’information un « module d’intervention sur les territoires » est en cours de création. Il s’agit de proposer avec ce module un « bouquet » d’action :
— conférence,
— ateliers pratiques avec les citoyens,
— concert.
Objectif affiché : essaimer, initier, implanter, relier au réseau
Le financement pour élaborer ce « module » a été reconnu comme prioritaire par une fondation afin d’accélérer le tissage du réseau.
La conception et la réalisation d’un site devient indispensable.
Des expériences dans les régions
Voir l’intervention à Brest lors des rendez-vous de l’Economie sociale et solidaire
Une structure culturelle de la vallée de la Somme vient de recevoir un financement européen pour initier un départ de réseau AMACCA dans sa région. Début du chantier en août, création de poste dédié, en octobre 2010.
L’équipe initiatrice a prévu dans son financement l’organisation des premières rencontres nationales AMACCA.
Une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) se crée dans le Gers, elle à prévu d’intégrer dans les prochains mois une AMACCA en son sein. Une configuration dans laquelle AMACCA peut avoir effectivement une place pour représenter les citoyens dans la SCIC.
La région Poitou-Charentes a sa première AMACCA, « Les Coopérateurs », prés d’Angoulême.Ce réseau en émergence a du travail et de la réflexion à partager, des choix collectifs à poser. En matière de politique culturelle les citoyens (les spectateurs, le public) partent de presque zéro, mais en matière de gouvernance citoyenne – et en France en particulier - presque tout
le monde part de zéro. C’est ce qui fait de l’AMACCA un outil au service d’un enjeux passionnant.
A Nantes, Angoulême, Dinan, Lille, Paris, en Bourgogne, Ardennes, dans les Landes et ailleurs, des AMACCA ont déjà des énergies qui poussent à leurs créations, elles prendront le temps qui leur sera nécessaire pour éclore. Il serait fastidieux d’énumérer tout le monde, le site le permettra. Chaque semaine apporte de nouvelles connexions.
Contacts
Amacca-clc / maison des associations Place Evariste Gras – 13600 La Ciotat




