50 propositions pour changer de cap - Le Labo de l’ESS

Démocratiser la consommation responsable

article dans sa langue originale

Issu du travail du Labo de l’ESS, les propositions pour Démocratiser la consommation responsable font parties de l’ensemble des 12 propositions pour sortir de la crise !

Elles ont pour origine une longue tradition sociale et sont liées au rôle qu’exerce aujourd’hui l’ESS dans une économie en grave déséquilibre ; elles sont liées aussi aux enjeux d’une sortie de la crise par une révision profonde de nos façons de produire, d’échanger, de consommer, d’investir.

Ce sont des propositions qui ne peuvent être considérées séparément ; elles s’enchaînent et ne prennent tout leur sens qu’en réunissant deux conditions : une éducation permanente mettant en lumière le lien entre l’épanouissement personnel et l’action collective pour une société respectant l’Homme et l’environnement.

C’est ainsi qu’il faut comprendre les 12 chapitres de propositions qui vous sont présentées. Nous vous invitons à les découvrir, les commenter, les partager et à votre tour à proposer !

Nous comptons sur votre avis !

Démocratiser la consommation responsable

Un article issu du site internet du Labo de l’ESS

Développer et démocratiser la consommation responsable

S’il n’y a pas de définition unique de la consommation responsable, on peut néanmoins la caractériser par différents critères :
- orienter ses choix de consommation en fonction de critères sociaux et écologiques ;
- consommer en favorisant l’équité sur les filières, entre producteurs, distributeurs et consommateurs ;
- consommer en favorisant une diversité d’offres et en cherchant à préserver une biodiversité économique ;
- consommer en étant dans une position active d’analyse du produit (composition, origine, filière…) ;
- consommer mieux plutôt que consommer plus. (Lire la suite…)

ENJEU 1 : AGIR SUR LA DEMANDE

4 leviers sont à considérer :

- Mieux informer le consommateur : développer la transparence et la traçabilité
- Mieux orienter le consommateur et lui donner un meilleur accès à l’offre responsable
- Mieux attirer et convaincre le consommateur en rendant les prix attractifs et compétitifs
- Eduquer et former le citoyen consommateur

Pour un étiquetage social et environnemental des produits de consommation.

Le Grenelle de l’environnement s’est prononcé en faveur de cette proposition, à travers deux de ses engagements (n° 217 et n° 201). Un groupe de travail a été créé sous l’égide de l’Afnor. Une réflexion et de premières expérimentations (étiquetage carbone) sont en cours dans la grande distribution en France (et en Angleterre). C’est surtout le chantier étiquette carbone qui a avancé : ainsi à partir de 2011, le consommateur devra être informé, par voie de marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par tout autre procédé approprié, du contenu en équivalent carbone des produits et de leur emballage.

Développer les circuits courts solidaires et les circuits de distribution solidaire sur le web

Les circuits courts solidaires permettent de mettre en lien direct producteurs et consom’acteurs à travers une véritable approche de développement durable. Ils répondent à une véritable attente des citoyens, en quête de lien, de solidarité, de proximité et de qualité écologique et sociale. En quelques années, les Amap ou les Jardins de Cocagne se sont considérablement développés pour toucher aujourd’hui des dizaines (voire des centaines) de milliers de personnes.

Mettre en place des dispositifs de soutien à la consommation responsable des ménages modestes.

Il s’agit de permettre aux personnes à faible revenu d’accéder à une consommation responsable et solidaire, notamment une alimentation de qualité, équilibrée et bio.

Généraliser dans l’ensemble du système éducatif la présence de modules sur la consommation responsable et ses enjeux.

Les actions précédentes en faveur d’un développement des achats responsables n’ont de sens et de pertinence que s’ils sont accompagnés d’une démarche de sensibilisation et de formation des citoyens (notamment les plus jeunes) aux enjeux de la consommation responsable, pour qu’il ait à la fois le désir et la capacité d’y adhérer. (Lire la suite…)

Développer une mission « consommation responsable » au sein de l’INC (Institut National de la Consommation) orientée notamment sur les enjeux éducatifs.

L’INC est un EPIC (Etablissement Public Industriel et Commercial) (15 M€ de budget) en charge notamment d’informer et former les citoyens et les associations de consommateurs. Il édite notamment la revue 60 millions de consommateurs.

ENJEU 2 : AGIR SUR L’OFFRE

a) Développer quantitativement et qualitativement l’offre et les filières responsables

Mettre en place un plan de développement des filières d’activités de consommation responsable, au niveau national et territorial.

Il s’agit d’accompagner le développement de filières d’activités de consommation responsable comme l’agriculture biologique, le commerce équitable mais aussi les transports doux, les énergies renouvelables à destination des particuliers, l’épargne solidaire, le tourisme solidaire, l’écoconstruction, etc.

Mettre en place un plan d’appui à l’installation et l’exploitation des agriculteurs bio

(aides financières et techniques, sensibilisation, formation…) à la hauteur des objectifs du Grenelle.

La moitié environ des produits bio consommés en France est importée, souvent de l’Allemagne et par transport routier : il s’agit d’une véritable aberration environnementale. Seulement 2 % de la surface utile agricole (SUA) française est dédiée au bio, contre 13 % en Autriche ou 9 % en Italie…

Lever l’insécurité juridique de certaines formes de consommation responsable

L’offre de consommation responsable défriche souvent de nouveaux besoins sociaux ou environnementaux. Il arrive souvent qu’elle bouscule le cadre législatif existant qui doit évoluer. Un flou juridique peut dès lors constituer un frein à son développement. Voici deux exemples. (Lire la suite…)

Développer à grande échelle la monnaie solidaire SOL

Sol est une abréviation de solidaire. Il s’agit d’une monnaie complémentaire qui vise à replacer l’argent comme moyen et non comme une fin. C’est aussi une monnaie fondante (pour éviter les phénomènes d’accumulation) qui, lorsqu’elle n’est pas utilisée est réaffectée collectivement à des projets d’utilité sociale et écologique. Elle s’appuie sur le réseau Sol, ensemble des entreprises et partenaires qui adhèrent à cette monnaie.

b) Assurer des prix équitables pour l’ensemble des acteurs de la filière

On peut former des prix hors loi du marché, y compris sur le foncier. Exemple des Amap, de Terre de Liens… Il faut faire du profit une contrainte, pas une finalité, et rechercher l’équité sur l’ensemble de la filière. Sur les circuits courts, l’équité existe car le produit et la filière sont simples et directs. Sur des produits complexes impliquant des producteurs, transformateurs, distributeurs, etc. il y a en souvent un qui « prend le pouvoir » sur les 3 autres, qui « rackette » le reste de la chaîne. L’enjeu est donc de parvenir à construire un prix d’équilibre, un prix juste pour chacun des acteurs. Cela va au-delà de la bonne volonté de chacun. Cela implique une gouvernance partagée de la filière, par exemple sous forme coopérative (mais pas nécessairement). L’ESS est pionnière sur ce sujet. Exemples Biocoop « Ensemble pour plus de sens ». Exemples Minga.

PDF - 2.3 Mo
les 150 pages de l’étude
Voir la partie sur la consommation responsable à partir de la page 120
Posté le lundi 8 février 2010
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