Introduction
S’il n’existait pas de définition officielle du microcrédit il y a peu, la loi n° 2010-737 du 1er juillet 2010 portant réforme du crédit à la consommation apporte les précisions suivantes :
- • son montant : compatible avec les capacités de remboursement du public cible ;
- • sa cible : des personnes exclues du crédit en raison de leurs faibles ressources ou d’un accident de la vie ;
- • son objet : des biens destinés à faciliter l’insertion sociale ou professionnelle de l’emprunteur ;
- • son cautionnement : garanti en partie par le Fonds de Cohésion Sociale ;
- •son accompagnement : assuré par des associations et des collectivités locales.
Dès l’origine, les Caisses d’Epargne ont choisi d’intégrer le microcrédit personnel dans le cadre plus large de leur action en faveur de l’inclusion financière. En créant le réseau des associations Parcours Confiance et Créa-Sol, les Caisses d’Epargne ont bâti une plateforme de services fondée sur la conjugaison d’un accompagnement bancaire renforcé, d’une offre de produits adaptés et d’un soutien pédagogique concret par l’intermédiaire de Finances & Pédagogie, association spécialisée dans l’éducation financière.
Au terme de quatre années d’expérimentation, les Caisses d’Epargne tirent un bilan positif de leur action. Elles financent désormais 40% des microcrédits personnels distribués en France. En s’appuyant sur l’expertise de conseillers spécialisés et formés, elles interviennent dans 90 départements de métropole et d’outre-mer. Elles s’appuient également sur l’intervention de 800 partenaires associations, collectivités locales et entreprises d’insertion afin d’offrir l’accompagnement le plus complet possible à leurs emprunteurs.
Le moment est venu de tirer les enseignements de ce bilan. Sensibles à la notion d’innovation sociale, les Caisses d’Epargne ont souhaité évaluer l’impact du microcrédit personnel à partir d’une question simple :
Dans quelle mesure le microcrédit personnel contribue-t-il à l’amélioration de la situation sociale et professionnelle des emprunteurs ?
Une question simple mais essentielle afin de faire la lumière sur l’utilité sociale d’un outil récent, encore mal identifié mais néanmoins porteur d’espoir. Bien qu’elle s’inscrive dans la continuité des études et rapports réalisés par l’Agence Nouvelle des Solidarités Actives ou bien par l’Inspection Générale des Finances, cette étude est la première à s’intéresser à l’évolution de la situation d’un nombre aussi grand d’emprunteurs. Elle complète l’étude1 qualitative réalisée en 2008 par Georges Gloukoviezoff, Jane Palier et Jeanne Lazarus pour le compte du Secours Catholique.
Cette étude a pour objectif d’évaluer les impacts du microcrédit personnel de manière quantifiable en vertu des principes d’innovation et de progrès social, fondements de l’identité coopérative des Caisses d’Epargne.




