Cultures plurielles passerelles vers un avenir désirable” - Rennes, mardi 5 juillet 2011


COLLOQUE DE CLOTURE : "Cultures plurielles vers un avenir désirable” - Rennes, mardi 5 juillet 2011

En ouverture du colloque Jean Jouzel, parrain du CHEDD Bretagne, éminent glaciologue, médaille d’or du CNRS, et Prix Nobel de la paix en tant que vice-président du GIEC nous rappellera quelques données de base sur les évolutions en cours.

Quatre tables rondes pour mettre en questions celle des relations entre Culture et développement durable

Culture (s) & Développement durable, une évidence ! Pas si sûr
Le Développement durable semble aujourd’hui incontournable... il est même ressenti comme une injonction adressée à tous les acteurs !
Les voici appelés à prendre en compte dans leurs processus et décisions ce Développement durable, qui demeure mal compris malgré son succès médiatique. Culturellement, ce n’est encore qu’une greffe...

Avec la participation de

  • Michel PUECH, Philosophe,
  • Hélène COMBE, Déléguée générale de
    l’observatoire de la décision publique,
  • et Walter UNTERRAINER, Architecte urbaniste

Animation Thierry LE TYRANT, Marc POTEL, Auditeurs du CHEDD

Je crée, tu innoves, il développe… Cultivons-nous ensemble un avenir désirable ?

Dès lors que le développement durable fait consensus (peut-être), alors même que ses principes de mise en œuvre font débat, comment vérifier que nous agissons effectivement dans son sens ? La création, l’innovation, le développement qui sous-tendent les valeurs du « progrès », vont-ils bien dans le sens des valeurs du Développement durable, l’engagement, la solidarité, la responsabilité, l’intérêt général… ?

Avec la participation de

  • Claudia LEVEAU, Directrice communication Groupe Glon,
  • Joseph CHABIN, Agriculteur,
  • Jacques de CERTAINES, Président honoraire Rennes Atalante,
  • Bernard POIRIER, Rennes Métropole - Vice-président délégué à la prospective et au développement
    durable,
  • Pierre LEGRAND, Chef cuisinier LeCoq-Gadby.
  • Animation Françoise LEDOS, Gülin de BERGEVIN, Auditrices du CHEDD


Et quand les valeurs entrent en jeu …

- Peut-on identifier des valeurs ou des systèmes de valeurs, partagés ou partageables, des espaces d’expérimentation, des horizons d’attentes qui soient porteurs d’avenirs meilleurs et désirables ?
- En quoi la culture peut elle servir de lien ou de vecteur du changement ?
- Qu’est-ce qui fait lien, qu’est-ce qui fait sens pour les acteurs ?
- Comment partager, transmettre ces valeurs.
- Quelles voies emprunter ?
- Quelles valeurs pour les éclairer ?

Avec la participation

  • d’Yves BLOUET, Produit en Bretagne,
  • Anne MIRIEL, Marque Bretagne,
  • Jean-Claude PIERRE, Réseau Cohérence,
  • Jean SALMON, Ancien président de la Chambre
    régionale d’agriculture et président du CREAP,
  • Françoise FLAGEUL, Pays de Pontivy.

Animation Françoise LEDOS, Gabrielle LANDRAC, Auditrices du CHEDD

Mesure ou démesure ?

Ces valeurs qui sont aux fondements des cultures, constituent le liant nécessaire à la maîtrise des interactions et des interdépendances qui s’exercent au sein de territoires vivants, animés, dynamiques en constante évolution. Pour s’assurer de la bonne orientation de ces changements, on sait que les bonnes pratiques du Développement durable nous invitent à la logique de l’évaluation, ce qui constitue une première interprétation de la “mesure”.

Mais, considérons aussi d’autres acceptions de la mesure, notamment la sobriété, qui ne prive pas des plaisirs de la vie mais aussi celle du rythme, qui orchestre le changement... Serons-nous capables d’une transition douce et modérée, d’une révolution tranquille ou serons-nous contraints à des évolutions radicales, voire brutales faute d’avoir pris les mesures nécessaires à temps ?

Avec

  • Michel RENAULT, Pékéa,
  • Philippe TOURTELIER, Député d’Ille-et-Vilaine.
  • Thierry SEGUIN, Pays de Morlaix

Animation Pierre EWALD, Laurent COURTET, Auditeurs du CHEDD

- 17 heures 30 Table ronde de clôture
avec les partenaires du CHEDD Bretagne, notamment

  • Marie-Thérèse SAUVEE, vice-présidente du Conseil Général d’Ille-et-Vilaine,
  • et Emmanuel THAUNIER, Président de la CCIT de Rennes

Participation de la troupe Le Flair & la Compagnie Nicole SEILER

Ce sont là les questionnements que les auditeurs du CHEDD Bretagne vous invitent à explorer avec eux lors de ce colloque qui se tiendra
aux Archives Départementales à Rennes le mardi 5 juillet 2011.

- Inscription http://www.chedd-bretagne.eu
NB/ Participation gratuite sur inscription
- Renseignements auprès de Nina Charlier / ESC Rennes tel 02 99 54 63 85 executive.education@esc-rennes.fr


Problématique
Quelle est la nature de la relation entre Culture et Développement durable ? Pourquoi la Culture, absente du triptyque conventionnel du
Développement durable, est-elle devenue incontournable ?

Il semble nécessaire d’aborder le sujet en le mettant en question(s), au pluriel donc. Cette prise de position implique une même posture
pour les temps forts du colloque qui prendront donc la forme de questionnements et qui seront inspirés par des hypothèses, des
intuitions, des interrogations.

Parmi les différentes hypothèses, qui se présentent, celle du lien semble essentielle. Qu’est ce qui relie l’économique, le social et
l’environnement ? Ne serait-ce pas la Culture ? Recherchons ce qui rapproche l’acte de création de l’entrepreneur, de celui de l’artiste ou
de l’artisan. Quels sont les moteurs génériques de la création ? Quels en sont les fondamentaux ? La culture donne le sens comme elle
fonde tout acte humain aussi bien pour orienter cet acte que pour le rendre intelligible à l’autre, ou encore initier des principes d’actions.
Certains avancent l’idée que l’art est un moteur, qu’il peut donner l’appétit du changement ; face à la nécessité de changer, à laquelle le
développement durable « invite », face à cette transition dont on peine à trouver le chemin, l’art et la culture pourraient-ils nous aider à
penser l’impensable, imaginer l’inimaginable, décrypter le présent et trouver le chemin d’un avenir autre que celui qui semble s’imposer.
Par ailleurs, considérons les indiens du village de Sarayaku dans la forêt équatorienne qui fondent leur vie quotidienne sur le respect de
trois principes : le premier s’appuie sur le respect du territoire et de ses ressources naturelles, un territoire fertile riche d’écosystèmes en
harmonie avec l’homme ; le deuxième, sur la jouissance de toutes les ressources en rapport avec les coutumes et traditions liées au
monde animal, végétal et spirituel, et le troisième, sur la connaissance des pratiques agricoles traditionnelles, des savoirs médicinaux, des
processus historiques et de leur transmission.

De fait, le territoire, justement parce qu’il s’agit de culture et de développement durable, apparait essentiel dans notre questionnement.

Si chez nous, en Bretagne, entreprises, associations, institutions… se sont réunies pour créer « Produit en Bretagne », c’est parce qu’elles
mesurent tout l’intérêt de l’image culturelle de notre région pour développer leurs activités tout en valorisant le territoire. Idem pour la
Région qui lance la marque Bretagne et la propose à des acteurs référencés, afin qu’ils bénéficient de sa forte identité. Et c’est aussi la
raison de l’agenda 21 du Pays de Pontivy qui lie culture et territoire, ou celle d’une entreprise comme Yves Rocher qui poursuit son
développement international en s’appuyant sur son territoire de naissance…

Autre regard sur le monde.

Quel lien peut-on faire entre les mouvements actuels dans les pays arabes, l’explosion de la consommation en Chine et les mouvements
sociaux chez nos voisins européens soumis à des politiques de rigueur ? Ces revendications pour un avenir meilleur sont bien légitimes,
mais l’on sait l’impasse du modèle actuel. Dès lors, comment répondre à ces aspirations, si ce n’est par l’invention d’un nouveau modèle
et en défrichant les chemins d’une transition aussi pacifique que possible, malgré la diversité des cultures et des conditions de vie ?
« L’universalité est une réalité, mais l’universalisme n’a pas suivi », dit Amin Maalouf, qui affirme que « penser le monde en fonction de
zones culturelles appelées à des évolutions séparées, est une vision qui n’a pas d’avenir ».

Il s’agit donc de découvrir (redécouvrir…) ce qui unit les êtres humains, leur destin et leurs aspirations communes, derrière leurs
différences culturelles et religieuses, et malgré la diversité des schémas politiques et des modes de gouvernance des territoires. Se pose
en effet la question des échelles de gouvernance territoriale, locale, européenne, mondiale pour ne prendre que cet exemple. Autrement
dit, quels sont les niveaux pertinents en matière de gouvernance qui permettraient d’ouvrir la perspective humaniste d’un développement
durable ?

La question de la transition et de la mesure.

Comment passer d’aujourd’hui à demain en intégrant les « contraintes » du développement durable, le respect des valeurs universelles et
des libertés individuelles ? Doit-on opter pour la mesure ? Une mesure qui peut être comprise autant comme « modération » en termes
d’ambitions, que comme « rythme » en termes de conduite du changement et aussi comme « unité de compte » en termes d’évaluation…

La démesure est une option plus radicale à laquelle on pourrait être contraint si la société se refusait à un changement volontaire et
déterminé. On voit qu’il ne suffit pas de réviser les indicateurs du développement, du bien commun, du bien-être, voire du bonheur… il
faut aussi identifier les paramètres du changement, afin d’évaluer la capacité de notre société à conduire la transition et à se transformer,
et afin de prendre conscience de son efficience comme de sa résilience.

Posté le jeudi 30 juin 2011
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