Corabio : agir pour le développement de l’agriculture biologique en Rhone-Alpes


Pour Corabio, Coordination Rhône Alpes de l’agriculture biologique, tout le monde a droit à une alimentation de qualité et les agriculteurs doivent vivre correctement de leur travail. Corabio entend bien faire avancer ces questions en travaillant conjointement en direction du grand public, des collectivités locales et du monde agricole. L’association propose de nombreux évènements pour cette rentrée. Olivier Rousseau nous présente comment de la production à la consommation cette association travaille pour le développement d’une agriculture respectueuse de votre santé et de l’environnement.

Un article repris du site Rhônes-Alpes Solidaires, magazine de l’économie sociale et solidaire en Rhône Alpes

par Thomas Lacroix / La Péniche le jeu, 24/09/2009

Présentez nous Corabio ?

Corabio est une association reconnue d’intérêt général créée en 1994. Corabio a un rôle de coordination et d’animation des quatre associations départementales ou interdépartementales de producteurs biologiques (Adabio, Ardab, Agribio Ardèche et Agribiodrôme). Concrètement nous représentons l’agriculture et les agriculteurs bio de Rhône-Alpes auprès de la Région et des services déconcentrés de l’ Etat, des chambres professionnelles, des associations de consommateurs et de défense de l’environnement. Nous avons une mission d’information et de développement de l’agriculture biologique en Rhône-Alpes. Les trois événements que nous organisons pour la rentrée illustrent bien nos priorités : Journée « Collectivités locales, actrices de l’agriculture biologique », semaine « Bio et local, c’est l’idéal », Journée technico-économique légumes biologiques, etc.


Bio ; local ; local et bio, certains consommateurs semblent s’y perdre. Comment sensibiliser le grand public sans créer de confusion ?

La semaine « Bio et local, c’est l’idéal » a pour objectif d’insister auprès du grand public sur l’importance de l’association de ces deux notions dans leurs achats. Les circuits courts ne sont pas suffisants pour agir sur la préservation de l’environnement, votre voisin paysan peut très bien être un très gros consommateur de pesticides. Corabio considère évidemment qu’il doit y avoir le moins d’intermédiaires possibles entre le producteur et le consommateur final. Les vertus des circuits courts sont multiples : limitation des transports, fraicheur des produits, renforcement du lien social, développement économique local, prix des produits pour le consommateur final, meilleure rémunération du producteur,.... Mais nous sommes vigilants sur une forme de confusion qui pourrait naître chez les consommateurs : le fait que le produit soit local ne veut absolument pas dire qu’il soit bio et, inversement, un produit bio n’est pas toujours local.

Les questions de santé publique et d’environnement se démocratisent, la société civile semble s’intéresser de plus en plus à ce que mangent les enfants dans les cantines. De quelle manière Corabio s’empare-t-elle de cette question de la restauration collective ?

Nous menons un travail de fond auprès des collectivités locales pour faire rentrer le bio dans la restauration collective. Il s’agit de sensibiliser les élus mais aussi d’apporter des informations aux gestionnaires des structures scolaires ou d’assurer des formations pour les cuisiniers. Notre idée est qu’il vaut mieux que la restauration collective intègre dans les repas un aliment bio régulièrement plutôt que de faire un repas « tout bio » une fois par an. Une intégration progressive sur la durée est en effet plus favorable à la structuration des filières qu’un affichage ponctuel. Cette thématique est abordée lors de la journée du 22 septembre « Les collectivités territoriales, actrices du développement de l’agriculture biologique ». Lors de cette journée d’autres expériences menées par des collectivités locales pour favoriser le développement de l’agriculture biologique ont été mises en avant. Par exemple, pour faciliter demain l’approvisionnement de leurs cantines, certaines collectivités favorisent directement l’installation de producteurs.

Aujourd’hui, la demande de produits biologiques est plus importante que la capacité de production. Comment travaillez vous à améliorer la situation ?

C’est le volet essentiel de notre action : la sensibilisation des agriculteurs pour les inciter à s’installer ou à convertir leurs terres en agriculture biologique. Nous organisons pour cela des journées d’information technico-économiques comme celle du 5 octobre sur le maraîchage. En effet il est essentiel que le développement de la production soit d’une ampleur équivalente au développement de la consommation. Et ce n’est pas le cas aujourd’hui. Rhône Alpes est la première région française en nombre de producteurs bio (1600 fermes) mais cela ne représente que 3,5 % de l’agriculture rhonalpine.

- Pour en savoir plus sur Corabio.

Posté le dimanche 27 septembre 2009
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