Changer de cap avec l’économie sociale et solidaire


Jeudi 27 et vendredi 28 mai, se tenait à Brest la deuxième édition de « Consommer responsable et solidaire », une rencontre des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) du pays de Brest. En allocution d’ouverture, Laurent Fraisse, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), a brièvement présenté les « 50 propositions pour changer de cap » élaborées par le Labo de l’ESS.

Un article repris su magazine Bretagne Durable et publié par Aurélie Thépaut publié le 04/06/2010

« En ces temps de crise, l’économie sociale et solidaire (ESS) offre un regard critique sur notre mode de développement, lance Laurent Fraisse en ouverture du colloque « Consommer responsable et solidaire ». Malheureusement, elle n’est pas suffisamment prise en compte comme une force pour proposer un autre modèle. » Pourtant, sa force est d’être, selon le professeur, une « économie plurielle » : pluralité des motifs d’action, des formes d’entreprise, des modes d’allocation de ressources et des indicateurs de richesse. Sur ce dernier point, Laurent Fraisse insiste sur l’importance de recourir à d’autres indicateurs que le PIB pour évaluer la richesse d’un pays et évoque le récent rapport sur la mesure de la performance économique et du progrès social de la Commission Stiglitz.

Une critique du consumérisme

Laurent Fraisse revient sur les origines de la consommation responsable, expliquant qu’elle est « une réaction à la consommation de masse et une critique du consumérisme ». « On a constaté un décalage entre le niveau de bien-être et la croissance des revenus, l’un n’allant pas forcément dans le même sens que l’autre », précise le professeur. « Progressivement, les biens ont pris le pas sur les liens et l’avoir sur l’être », explique-t-il encore. Peu à peu, les consommateurs ont ressenti une forme d’aliénation face à la grande distribution, à la publicité et au lobby des grands groupes. « Nous avons réalisé que notre mode de consommation n’était pas soutenable », reconnaît Laurent Fraisse.

La nécessité d’un changement culturel

Cette réflexion amène la question de la solidarité internationale, les pays du Nord reconnaissant qu’ils avaient une dette écologique envers les pays du Sud. « L’idée d’une meilleure rémunération voit alors le jour », rappelle Laurent Fraisse. Ainsi, derrière l’ESS, il y a l’idée d’une « citoyenneté économique » (avec la notion de « consomm’acteurs »). Par ailleurs, Laurent Fraisse pointe le fait que l’ESS a été novatrice dans différents types de commerces (commerce équitable, épiceries sociales…) et a également contribué à produire des labels. Il a pointé les grands défis auxquels l’ESS doit désormais faire face : « éviter le divorce entre écologie et social ; articuler les différentes formes de commerce ; la manière avec laquelle l’ESS peut changer d’échelle face à la croissance de la demande sans perdre son âme ; démocratiser la consommation responsable ».

Prochaine étape du Labo de l’ESS : les états généraux, pour 2011.

« L’économie sociale et solidaire en Bretagne

L’ESS en Bretagne, c’est :
- 12 500 établissements employant 125 000 salariés ;
- 2 personnes sur 3 couvertes par une mutuelle ;
- 1 personne sur 3 membre d’une association. »

Plus d’infos

- www.cres-bretagne.org
- www.lelabo-ess.org/propositions/50-propositions-pour-changer-de-cap

et bien sur le magazine Bretagne Durable (possibilité de s’abonner à la lettre d’information

Posté le lundi 7 juin 2010
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