Bioéconomie et économie circulaire : propositions de l’Institut national de l’économie circulaire pour les Etats Généraux de l’alimentation


L’Institut national de l’économie circulaire participe activement aux réunions de l’Atelier 3 "Développer la bioéconomie et l’économie circulaire" des Etats généraux de l’alimentation. Nous y portons une vision globale de l’économie circulaire, s’appliquant à toutes les secteurs d’activités et à toutes les échelles, pour un développement durable de l’ensemble de la société.

Bioéconomie et économie circulaire : propositions de l'Institut national de l'économie circulaire pour les Etats Généraux de l'alimentation
Les propositions de l’Institut national de l’économie circulaire sont issues de notre groupe de travail Systèmes agricoles et agroalimentaires, réunissant une trentaine d’acteurs issus d’institutions, organismes de recherches et entreprises de l’ensemble de la chaine de valeur.

L’économie circulaire est un modèle de développement durable. Elle vise à réduire les quantités de matière et d’énergie utilisées à tous les niveaux d’un système par une optimisation efficiente des ressources et leur utilisation en cycles successifs, afin d’atténuer la pression de l’activité humaine sur l’environnement (prélèvement de ressources et rejet de déchets et polluants). La bioéconomie est un secteur d’activité basée sur basées sur la biomasse, produite et transformée pour des besoins variés (alimentaire, énergie, chimie... ), comprenant les systèmes agricoles et agroalimentaires.

Appliquée à la bioéconomie, l’économie circulaire vise à assurer une production (alimentaire et non-alimentaire) de qualité et en quantité suffisante, tout en préservant et en régénérant les écosystèmes (biodiversité, sols, eau, air). Cependant il s’agit d’un modèle développement durable englobant l’ensemble de notre système de production et de consommation, et articulant tous les secteurs dont la bioéconomie.

Dans le cadre de l’Atelier "Développer la bioéconomie et l’économie circulaire", l’Institut soutient 5 propositions transversales, déclinées en actions plus opérationnelles transmises aux rapporteurs et présidents.

1. Mettre en place une Stratégie nationale d’économie circulaire ambitieuse dans laquelle s’inscrira le développement de la bioéconomie

Cette stratégie établira une vision prospective, visant une production et un usage durable de toutes les ressources. Elle est nécessaire pour une bonne gouvernance de la bioéconomie : en effet, la bioéconomie et les autres secteurs d’activité sont interdépendants et ne peuvent être traités uniquement en silos. Cette stratégie s’appuiera sur l’existant (Plan de programmation des ressources, Stratégies nationales pour la bioéconomie, SN de mobilisation de la biomasse et SN bas carbone). Elle établira une vision à long terme de la demande en biomasse pour les besoins alimentaires et non-alimentaires, y compris les possibilités de substitution de produits issus de sources non renouvelables. Elle fixera un cap et un cadre stable dans le temps, dans lequel pourront s’inscrire les politiques publiques et les stratégies d’acteurs privés.

2. Définir les modalités de pilotage territorial d’une valorisation durable et efficiente de la matière organique

Ce pilotage pourra s’inscrire dans les Plans régionaux d’agriculture durable. Il s’appuiera sur un mécanisme de suivi rassemblant les connaissances existantes et anticipant les gisements émergents (tri à la source des biodéchets) pour une connaissance territorialisée des gisements et des usages de la matière organique. S’adaptant aux spécificités des territoires et des acteurs locaux, différentes pistes de valorisation doivent être explorées pour créer de la valeur durablement, ce qui implique de régénérer et améliorer les potentiels de production.

3. Viser la complémentarité des usages à travers les principes de l’économie circulaire tout en maintenant le principe d’une hiérarchie d’utilisation de la biomasse

La biomasse doit satisfaire en priorité les besoins alimentaires, suivis des contraintes de nutrition animale et écosystèmes sols, et enfin les besoins industriels. Cependant, il convient de ne pas les opposer et de rechercher une complémentarité par une valorisation en cascade de la biomasse selon les principes de l’économie circulaire, et suivant la priorité de traitement des déchets-ressources pour préserver leur valeur la plus longtemps possible dans la chaine.

4. Impliquer l’ensemble des acteurs dans une démarche de développement durable

Les services environnementaux de l’agriculture et de l’agroalimentaire doivent être valorisés : ces externalités positives peuvent être intégrées à travers des mécanismes de fiscalité et l’orientation des aides françaises et européennes. Des campagnes de communication permettraient de sensibiliser les citoyens/ consommateurs et les collectivités, et de faire évoluer les comportements. Des démarches d’animation permettront de mettre en place les collaborations et de faire émerger des synergies territoriales autour des ressources.

5. Soutenir les orientations nationales au niveau européen, et positionner la France parmi les leaders mondiaux de l’économie circulaire

Sur l’ensemble des normes, réglementations et politiques publiques décidées au niveau national, la France doit défendre ses positions au niveau européen. En effet, des normes inégales faussent la concurrence et favorisent des pratiques et produits à bas coût moins respectueux de l’environnement, pénalisant les démarches vertueuses. Un positionnement fort dans les accords internationaux et dans les règles d’échanges internationales est également indispensable.


Téléchargez l’ensemble de nos propositions pour l’Atelier 3 des Etats généraux de l’alimentation


Contact systèmes agricoles et agroalimentaires : Emmanuelle Moesch
Contact presse : Christelle Gnidehoue contact[a]institut-economie-circulaire.fr


Cet article est repris du site http://www.institut-economie-circulaire.fr/Bioeconomie-et-economie-circulaire-propositions-de-l-Institut-national-de-l-economie-circulaire-pour-les-Etats-Generaux_a1383.html
Posté le mercredi 11 octobre 2017
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