Bien financé, un projet en Guinée devient un modèle de réussite de développement


Initier et développer un grand projet de lutte contre la faim et ses causes structurelles est un travail très long, qui ne peut aboutir qu’avec la garantie d’un financement durable. En Guinée, la réussite des paysans du Fouta Djallon, avec la pomme de terre appelée « La Belle de Guinée », en constitue un exemple remarquable.

La région de Fouta Djallon, en Guinée, connaissait des crises alimentaires qui ravageaient le pays. C’est alors, en 1990, que des paysans, ayant la volonté de prendre en main leur destin, se sont regroupés pour développer une culture maraîchère.

Au sein de la Fédération des Paysans de Fouta Djalon, et avec le soutien du C.C.F.D.-Terre Solidaire, ils se sont lancés dans la culture de la pomme de terre, qui était alors inexistante dans la région. Leur action a été un succès. En 10 ans, la « Belle de Guinée » (de son nom de race) s’est imposée sur les marchés locaux de l’Afrique de l’Ouest. Malgré une dure concurrence avec la pomme de terre néerlandaise, commercialisée à bas prix, elle a réussi à s’imposer dans les assiettes guinéennes. Cette réussite des producteurs locaux est le résultat d’un long travail, qui a nécessité des financements réguliers et continus tout au long de ses différentes étapes. En quelques années, les producteurs guinéens ont pu rattraper leur retard, améliorer leurs techniques et maîtriser leurs coûts de production pour devenir extrêmement compétitifs, au point de supplanter la production venant de l’extérieur.

Aujourd’hui, la « Belle de Guinée » fait vivre 20 000 producteurs et nourrit directement ou indirectement 500 000 personnes. Elle a permis de créer de nombreux emplois et freiné l’exode rural. Les greniers vides sont un mauvais souvenir ! Les familles de producteurs accèdent à l’autonomie alimentaire, elles font des économies et des réserves, elles se lancent dans le commerce et peuvent envoyer leurs enfants à l’école.

Conduire un tel projet dans la durée a nécessité, en l’occurrence, de passer par des étapes successives, elles-mêmes à confirmer et à raffermir en permanence. Il s’agissait d’abord de structurer les familles en organisations paysannes, de former les paysans aux techniques de production de la pomme de terre, et d’acheter des semences et des engrais de qualité ; puis, il fallait étudier les marchés locaux et contrôler les circuits de distribution, construire des magasins de stockage et fournir un appui technique aux paysans, et sécuriser toute la chaîne depuis les semences jusqu’à la commercialisation ; enfin il a fallu créer des caisses de solidarité pour les paysans, développer le marché régional et promouvoir des techniques agricoles respectueuses de l’environnement.

Il est vrai que les problèmes de la faim dans le monde ne seront malheureusement pas résolus demain ! Et bientôt, le monde comptera 9 milliards de personnes à nourrir. Fort heureusement, par contre, sur le terrain naissent des idées qui nous enthousiasment par les solutions novatrices qu’elles apportent pour contribuer au mieux à la sécurité alimentaire des populations locales. Mais pour que ces idées et ces solutions concrètes et viables naissent, se développent, réussissent et perdurent, un accompagnement dans la durée est nécessaire.

C’est l’engagement du C.C.F.D.-Terre Solidaire, auprès de ses partenaires, pour un monde où l’on voudrait que plus personne ne souffre de la faim. C’est aussi le nôtre, le vôtre, par un soutien financier régulier : un soutien financier à démarrer, à confirmer ou à augmenter. L’exemple de « La Belle de Guinée » nous est non seulement le signe, mais aussi la preuve et la justification. Une manière de construire un « vivre ensemble » et une fraternité en actes.

Cet article est repris du site http://www.solinter-brest.net/associations/ccfd-terre-solidaire-comite/article/bien-finance-un-projet-en-guinee
Posté le jeudi 27 novembre 2014
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