« Au fait, c’est quoi, un cours public ? »


A quelques jours du forum participatif du 1er avril, questions à deux des enseignants chercheurs de l’UBO, impliqués dans la construction du cours public sur la ville de demain.

  • Tout d’abord, c’est quoi un « cours public » ?

« L’université a pour mission, en plus de former les étudiants, de permettre leur insertion professionnelle, et de permettre aux chercheurs de faire de la recherche et de la diffusion, celle de diffuser la culture. Une université est ouverte sur le monde et sur son territoire, et les cours publics constituent une des manières d’être en lien direct avec la société, en rendant accessibles des contenus culturels ».

  • Concernant « la ville de demain », c’est vraiment possible d’apporter, aujourd’hui, sur ce type de question, un état critique des connaissances disponibles, qui fait la part des acquis, des incertitudes, des lacunes, des controverses ? On a plutôt l’habitude de voir ce sujet être traité sur le mode de la communication, pour promouvoir telle ou telle vision…

« Oui, l’objectif ici est bien d’avoir un regard scientifique et critique et de déconstruire les apriori. Il faut en effet faire attention que nos cours publics ne soient pas instrumentalisés à des fins de communication. Le cours public en cours sur le patrimoine historique permet justement de prendre du recul par rapport à la démarche en cours sur le label « ville d’art et d’histoire » et permet de mettre en évidence la nécessité d’un projet urbain et d’une politique sur la question de la valorisation du patrimoine architectural ».

  • Concrètement, comment ça se fabrique, un cours public, d’une manière générale ?

J/ « C’est une première pour moi ! Donc je ne peux pas encore trop généraliser. Ce qui est important c’est de trouver des intervenants qui sauront être pédagogues et surtout c’est important de laisser de la place pour la discussion et les échanges avec la salle ».

N/ « L’optique est celle de la transmission et de l’appropriation d’un contenu par le public, qui peut venir de tous horizons, et qui, par définition, n’est pas inscrit dans une formation donnée, et peut donc ne pas être spécialiste de la question ».

  • Et qu’est-ce que cela vient bousculer, dans vos méthodes ordinaires, le fait d’inviter un large public à un forum participatif, pour vous aider à dégager des axes et des problématiques ?

J/ « Cela permet de changer de point de vue et de faire ressortir et de partager des questionnements et des pratiques nouvelles, peu audibles dans le monde de la recherche car peu ou pas encore étudiés (les signaux faibles) ».

N/ « Cela permet aussi d’innover dans les pratiques pédagogiques, puisque la part de co-construction est bien plus grande que dans un cours plus classique, dont le programme est établi par l’équipe de pilotage. On espère donc aussi une co-construction des savoirs et de la réflexion ».

  • Concrètement, c’est une question que beaucoup de nos interlocuteurs nous posent, vous allez faire quoi, de tous ces matériaux, que nous allons collectivement vous apporter ?

J/ « Ces matériaux vont avant tout servir à choisir les thématiques et à co-construire le contenu et la forme des prochains cours publics qui pourront être aussi bien des tables rondes avec des acteurs que des conférences avec des spécialistes ».

N/ « Avec tous ces éléments de réflexion et toutes ces données, on aura déjà gagné de faire augmenter le niveau collectif de connaissances et le sens critique des auditeurs et auditrices qui suivront ce cours, et auront ainsi un regard plus aiguisé sur leur environnement urbain ».

  • Est-ce que vous pensez nous faire un retour, dans le cadre du « droit de suite » inhérent à toute démarche participative ? C’est-à-dire nous expliquer brièvement ce que vous aurez retenu, et pourquoi ? Ce qui vous a semblé plus difficile à traiter, et pourquoi ?

J/ « Le retour principal sera la programmation du cycle de conférence qui suivra à partir de septembre. Les choix pourront être justifiés par les comptes rendus et surtout nous espérons que les participants s’impliqueront dans l’organisation de ce cycle (choix des intervenants, présentation en introduction d’une synthèse des discussions du forum) ».

 

 

Cet article est repris du site http://transitioncitoyennebrest.info/au-fait-cest-quoi-un-cours-public/
Posté le samedi 25 mars 2017
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