Consommer responsable et solidaire

Rencontres de l’ESS des 27 et 28 mai 2010 : Atelier Habiter ensemble

une contribution de l’assocaition Ekoumene


un article publié initialement sur le site de l’association Ekoumene

Vendredi 28 mai 2010 nous étions présents à l’atelier « Habiter ensemble, Construire un projet d’habitat groupé sur un territoire ? », l’occasion de constater l’attention portée par la municipalité pour ce type de projet. Nolwenn Lachèvre, architecte qui suit notre projet, animait le débat en tant que membre d’Approche Éco-habitat.

Martine Chanal, chargée de mission au Grand Lyon a présenté la politique de la communauté urbaine en matière d’habitat et d’immobilier. La vitrine étant le village vertical à Villeurbanne. Le grand Lyon apporte un soutien important au projet et s’interroge sur la possibilité de multiplication d’initiatives en ce genre pour avoir un impact sur la ville, sur le prix de l’immobilier, sur une nouvelle façon de concevoir les politiques publiques d’aménagement et d’urbanisme. Un des objectifs affichés de ce soutien à des projets collectifs et solidaires est de freiner l’augmentation délirante du prix de l’immobilier.

Sur Brest et plus précisément sur Recouvrance où nous cherchons activement un immeuble ou un terrain à bâtir les prix augmentent, les propriétaires terriens et immobiliers prennent prétexte de l’arrivée imminente du tramway et l’ouverture du plateau des Capucins pour réaliser des plus-values délirantes.

Était également présent, Carole Contant de Parasol (PARticiper pour un hAbitat SOLidaire) de Rennes. C’est une structure importante, 2 salariés qui travaillent avec les institutions publiques (stratégie et aide à la maitrise d’ouvrage dans la conception de programmes immobiliers à vocation participative) et de nombreux bénévoles qui, de leur côté, s’occupent de leurs projets d’habitats et essaient de mutaliser leurs recherches, leurs avancées, etc.

Ont pu également se présenter, Céline Caprais d’Écocum, Pierre-Yves Jan qui habite la Petite maison.

Malgré l’unanimité des porteurs de projets présents sur la question de la non-spéculation, tous s’accordent à dire qu’il n’y a pas de statuts juridiques adaptés. Ils ont, pour la plupart, opté pour un statut de copropriété avec une charte. Le statut SCCC oblige à travailler avec un maître d’oeuvre unique et ne permet donc pas l’autoconstruction. De toute façon, c’est un statut provisoire pour la construction. La SCI ne permet pas aux foyers éligibles au crédit à taux zéro de pouvoir en bénéficier ; même si nous avions des informations différentes provenant d’autres banques (CMB).

Nous avons présenté notre projet, le seul à notre connaissance sur Brest, et mis en avant nos ambitions et nos difficultés. L’importance d’être en ville, pour un mode vie plus écologique, d’être à Brest, pour nos implications associatives, sociales. La difficulté de trouver un immeuble de la taille nécessaire sur Brest et les difficultés d’ordre juridique notamment pour le choix et la rédaction des statuts. La temporalité d’un tel projet a de quoi essouffler même les plus motivés, la rencontre avec le milieu de l’immobilier commercial a de quoi déprimer les moins utopistes du groupe.

Ces initiatives semblent avoir besoin, à un moment donné, du soutien des collectivités locales, elles sont un moyen de réhabiliter des immeubles sans participer à l’embourgeoisement urbain (gentrification) des quartiers populaires comme se plait à le faire le secteur de l’immobilier et du ciment bénéficiant de cadres juridiques et de politiques extrêmement favorables à leur recherche de plus-values.

Posté le mercredi 2 juin 2010
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