Une petite présentation issue du blog de l’ANDES
Le concept des épiceries solidaires ou sociales est né d’une réflexion sur le don, et la relation d’assistance qui l’accompagne. Si l’aide alimentaire gratuite reste une nécessité pour les personnes sans ressource, Marcel Mauss rappelle que "le don non rendu rend encore inférieur celui qui l’a accepté, surtout quand il est reçu sans esprit de retour" (Essai sur le don). La contribution financière, même symbolique, participe de la dignité des personnes et de la liberté de choix qui sont les valeurs fondamentales des épiceries. L’offre alimentaire est une passerelle vers une action solidaire beaucoup plus étendue : les épiceries sont des lieux d’accueil, d’écoute et de partage, qui organisent de nombreuses activités pour redonner à chacun la conscience de sa valeur et de ses compétences. Les économies réalisées sur l’alimentaire permettent aux usagers de se consacrer à un projet visant à améliorer leur vie quotidienne.
La principale problématique des épiceries sociales et solidaires est de faire d’une offre alimentaire la plus proche possible des circuits de consommation traditionnels, la clé d’entrée vers une réinsertion durable. Les épiceries s’adressent à un public financièrement démuni, sans distinction politique, sociale, philosophique, culturelle ou religieuse. Elles offrent, dans des espaces aménagés en libre-service, des produits variés et de qualité moyennant une faible participation financière (autour de 20% du tarif usuel). Chaque épicerie accueille en moyenne 100 foyers, dont l’accès est validé par les services sociaux, en fonction de critères socio-économiques, familiaux (composition du foyer), ou bien compte tenu de difficultés ponctuelles (des "accidents de la vie")
Chaque épicerie est avant tout un lieu pour des liens.
La philosophie d’intervention vise à sortir d’une logique d’assistanat pour promouvoir l’autonomie et la dignité des personnes.
Pour suivre l’actualité des épiceries solidaires
le blog des épiceries solidaires http://epiceries-solidaires.viablog...
le site internet -[> www.epiceries-solidaires.org]
Le magazine La route des épices
au sommaire du numéro 7 à télécharger ici
L’Épicerie Solidaire du canton de Formerie (60) : un groupe de parole pour parents d’adolescents
Le programme expérimental d’approvisionnement des Épiceries Solidaires 2008
Des nouvelles du Potager de Marianne Côté insertion
L’équipe s’agrandit
La recette innovation de notre diététicienne
Le calendrier « tous à table » 2009
SIAL 2008
Chaîne du froid et règles d’hygiène
Les vœux de notre président
Soleils d’Outre-mer
Du côté des épiceries
Mise en oeuvre
1 L’épicerie solidaire vise à proposer une gamme diversifiée, idéalement de 100 références minimum, à répartir dans 7 grandes familles de produits : produits frais, fruits et légumes, épicerie, boissons, hygiène du corps, hygiène de la maison et autres.
2. Dans un souci de prévention et de lutte contre les exclusions, l’épicerie facilite l’accès aux réseaux et aux relais pour la santé, le logement, le transport, l’emploi, les activités scolaires et culturelles. L’information pourra être diffusée sous forme d’interventions de professionnels et d’une documentation mise à disposition.
3. Dans le respect de la dignité des personnes, la confidentialité est une règle incontournable. Aucun nom des familles accueillies au sein de la structure ne doit être communiqué en dehors de celle-ci. Pour éviter les présupposés et les préjugés, les situations sociales sont soumises anonymement lors de la commission d’attribution dès lors que celle-ci n’est pas uniquement constituée de professionnels du travail social.
4. L’épicerie solidaire se présente comme une épicerie classique. Les personnes ont la liberté de choisir les produits proposés sous forme de libre-service. Les bénévoles restent disponibles à la demande des utilisateurs.
5. L’épicerie solidaire, par définition, est un lieu chaleureux, facilitant la création de liens. Aussi, l’épicerie proposera un espace de convivialité où usagers, bénévoles, travailleurs sociaux pourront se retrouver, tisser des liens, s’informer et converser autour de boissons chaudes et fraîches.
6. Les usagers de l’épicerie solidaire sont des personnes en situation de précarité rencontrant des difficultés budgétaires diverses. L’accès à l’épicerie est conditionné :
à des critères financiers
à un engagement de l’usager à s’investir sur un projet personnel.
7. L’épicerie travaille en réseau avec les structures d’aide sociale dont elle est partenaire (CCAS, CPAM, Conseil Général, centres hospitaliers, associations diverses...), afin d’orienter au mieux les personnes accueillies dans une démarche de droit commun. Elle peut proposer par ailleurs un accompagnement social.
8. Dans le souci de respecter la dignité des personnes, et de limiter l’assistanat, les familles participeront à la vie de la structure par le paiement d’une cotisation annuelle si les statuts de la structure le permettent, et s’acquitteront sur l’enlèvement des produits proposés, d’une somme de 10 % minimum à 30 % maximum du montant réel des produits et denrées. Chaque personne se verra attribué un montant d’achats en fonction de la composition de son foyer.
9. Dans un objectif de réelle citoyenneté, l’épicerie veillera à ce que les usagers prennent une part active dans l’organisation et le fonctionnement de la structure (ex : Comité d’usagers, Assemblée Générale, collecte…, conseil d’administration, commission d’attribution…, lieu de parole représentatif des usagers).
10. L’épicerie s’engage à respecter les réglementations en vigueur et à faciliter les contrôles.
11. L’épicerie adhérente s’engage à faire mention de son appartenance au réseau d’A.N.D.E.S. sur l’ensemble de ses supports de communication externe en y apposant le logo de l’association nationale. En outre, elle autorise le réseau d’A.N.D.E.S. à communiquer ses coordonnées à quiconque en fera la demande et à mentionner l’existence et l’appartenance de l’épicerie au réseau d’A.N.D.E.S. sur le site internet et le blog public
Valeurs et fondamentaux de l’ANDES
Dans notre pays, le droit à la nourriture est fondamental, c’est une des composantes de l’insertion sociale. Ainsi, faire ses courses semble être un acte simple et pour autant de nos jours en France, près de 7 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté et sont amenées à fréquenter des structures d’aide alimentaire d’urgence où la dignité s’estompe, où l’estime de soi diminue.
C’est devant ce constat que les fondateurs de l’Association Nationale de Développement des Epiceries Solidaires ont jugé nécessaire de créer en 2001 cet organisme, encourageant et accompagnant ainsi la réalisation de nouveaux projets d’épiceries. Ils désirent aujourd’hui rassembler ces structures au sein d’un réseau dynamique et innovant.
Ce sont ces inégalités sociales en matière de consommation alimentaire que l’A.N.D.E.S. veut contribuer à diminuer. Dans un esprit humaniste, elle entend mettre en valeur les projets et les personnes qui les portent, qu’il s’agisse d’initiateurs ou de bénéficiaires des Epiceries Solidaires : l’association considère qu’il est essentiel d’offrir aux clients la possibilité d’être aussi des acteurs de l’épicerie, en participant à sa gestion et/ou aux activités qu’elle organise (ateliers, rencontres conviviales). Il s’agit de faire de l’aide un principe dynamique, une passerelle vers une meilleure insertion sociale et/ou professionnelle.
L’alimentation devient un angle d’approche direct de l’action sociale : les épiceries sont des lieux d’accueil, d’écoute et d’échanges, aidant les personnes à retrouver, ou à renforcer, l’estime d’elles-mêmes et l’envie de se tourner vers le monde extérieur. Elles organisent des nombreuses activités, afin de donner à chacun la conscience de sa valeur et de ses compétences : ateliers de cuisine, ateliers d’esthétique, ateliers enfants-parents, etc.
Un des principes fondamentaux des Epiceries Solidaires est de faire en sorte que la lutte contre l’exclusion ne s’accompagne pas d’une forme d’assistanat. Demander de l’aide est une démarche difficile, souvent vécue comme une humiliation surtout sur le volet alimentaire, car cette demande traduit essentiellement une incapacité à se nourrir ou à nourrir les siens, ce qui est un geste essentiel de la vie.
Pour cette raison, chaque usager est amené à définir, avec un travailleur social ou un responsable de la structure, un projet qu’il souhaite mener à bien pendant la durée d’accès à l’épicerie. Grâce au faible coût des produits de consommation courante achetés à l’Epicerie Solidaire, une part plus importante du budget peut être consacrée à une envie, un projet, une amélioration de la vie quotidienne : réparer sa voiture pour pouvoir continuer à travailler, offrir des vacances ou des sorties à ses enfants, améliorer la décoration de sa maison, ou simplement mieux manger ou payer ses factures.
Le manque de nourriture est l’un des stigmates les plus visibles de la pauvreté dans la mesure où le repas est un symbole de convivialité et de partage. L’exclusion économique s’accompagne souvent d’isolement, de fragilité morale ou de perte de confiance. Il paraît indispensable d’offrir à des familles démunies une nouvelle forme d’aide alimentaire non stigmatisante, capable d’allier le choix, la qualité, le respect du goût, des cultures et des habitudes.
Ainsi l’Epicerie Solidaire se présente comme une épicerie classique. Les personnes ont la liberté de choisir les produits proposés sous forme de libre-service. Les bénévoles restent disponibles à la demande des utilisateurs.




